dimanche 31 mai 2026

CLUB5A - EPHEMERIDE - C'était en Mai / Juin 1940 - En route pour l'exode rue de Paris à Moulins (Allier)...

 

Quand commence l'exode ? 
En mai-juin 1940, fuyant la percée allemande, entre 8 et 10 millions de Français se jettent sur les routes. En train, en voiture, à bicyclette ou à pied, poussés par la peur et les rumeurs, ils s'efforcent de gagner le sud du pays. Un traumatisme national. L’exode de 1940 en France est une fuite massive de populations belges, néerlandaises, luxembourgeoises et françaises en mai-juin 1940 lorsque l'armée allemande envahit la Belgique, les Pays-Bas et la majorité du territoire français pendant la bataille de France, après la percée de Sedan.
 « Il n’y avait plus d’école, c’était bien, mais maman et mon grand frère avaient l’air d’avoir peur.  Le 5 juin, maman nous a tous mis dans la voiture alors qu’elle n’avait même pas son permis de conduire.
 Moi, je voulais emporter mes poupées, mais on n’avait pas le temps. On s’est retrouvés sur la route avec une foule immense. » Marceline Martin, Parisienne âgée de 7 ans, décrit là ses premiers pas sur les routes de l’exode, lors de la vague immense de juin 1940. Marceline connaît un périple très dangereux, pressée par une foule compacte qui essaie de gagner quelques centaines de mètres en plusieurs heures. Puis sa mère la pousse dans le fossé à l’approche d’avions qui mitraillent ceux que la presse et les dirigeants politiques appellent les « réfugiés ». 
 Les stukas de la Luftwaffe font hurler leur sirène en plongeant sur eux. En se relevant du fossé, des morts et des débris partout à cause d’une bombe tombée à proximité de la petite fille et de sa mère. Marceline sort vivante de l’exode. Quelques semaines plus tard, alors que l’armistice franco-allemand est entré en vigueur, des milliers d’avis de recherche sont placardés dans de nombreux lieux publics. Des Français et des Belges recherchent leurs enfants perdus sur les routes, mais aussi des épouses et des époux. « Madame X… recherche enfants. »
 La presse aussi publie des centaines d’avis qui commencent tous par ces mêmes mots. Parfois, des annonces sont plus joyeuses et affirment avoir retrouvé l’enfant perdu sur les routes. Le périple monstrueux de l’exode de mai-juin 1940 est en partie résumé par ces appels à l’aide et ce témoignage d’enfant. La Croix-Rouge internationale évoque même 90 000 enfants perdus dans l’exode. Des listes sont à la disposition des préfets. Entre 8 et 10 millions de réfugiés sillonnent la France en mai-juin 1940, ce en deux vagues distinctes. 
La France compte alors près de 40 millions d’habitants. L’exode est non seulement un immense drame humain, mais il démembre aussi un État démocratique bien ancré. Des milliers de vies basculent dans une migration de la peur, une fuite en avant. La grande panique de juin Depuis l’automne 1939, dans le calme, des milliers de civils ont été évacués dans plusieurs départements français éloignés des frontières. Et puis soudain, l’offensive allemande commence, le 10 mai 1940. En Belgique, 2 millions de femmes, d’enfants et de vieillards quittent tout, dans l’instant. Les hommes sont partis faire la guerre. Les Allemands sont bientôt dans le village ou le quartier.
 Personne n’aurait pu imaginer une telle débâcle. La Belgique est en exil. Les Français de l’Est et du Nord voient passer ces millions d’étrangers apeurés. Les autorités françaises semblent être prêtes à organiser l’exode belge. C’est le choc cependant. Les civils se souviennent des récits des anciens combattants, mais aussi des clichés publiés dans la presse, montrant les dégâts provoqués sur les civils à Guernica pendant la guerre d’Espagne et des villes bombardées par les nazis (Rotterdam et Varsovie). En mai pourtant, la France « absorbe » au mieux cette première vague de l’exode. L’assistance publique à Paris s’occupe tant bien que mal des blessés et des malades belges et français ; elle veille aussi au bon état sanitaire des réfugiés. 
Et puis survient la grande panique de juin, une conséquence de la débâcle militaire et de l’abandon des populations par les autorités ; la seconde vague de l’exode, celle d’une « grande peur » irrationnelle, est déclenchée par les rumeurs, faute d’informations – censurées – et surtout en raison des opérations militaires très favorables à l’ennemi allemand, qui a cassé la ligne de front française sur la Somme. Des réfugiés croisent la route de soldats français en pleine déroute. Inquiétant. 
Cela finit de convaincre certains réticents au départ précipité.
Source : histoire-et-civilisations.com/