Le principe adopté est l’ajout d’une forme arrondie, comme un matelas, tout autour de la voiture, avec une malle arrière de marque Pecazeaux. Le tout fut réalisé par le célèbre carrossier Antem.
Comme l’avait souhaité Charbonneaux, l’allure de la 2 CV est donc conservée, ce qui va accentuer l’effet de curiosité auprès du public, qui reconnait en partie cette fameuse Citroën qui fait alors la une des médias.
De plus, la voiture porte sur son flanc droit une publicité pour le champagne Delamotte et sur son flanc gauche une pub pour le porto Da Silva, soit des produits de la même société. Certains étaient donc convaincus d’avoir vu deux voitures différentes…
Mais la tôle de 10/10 ainsi ajoutée alourdi la voiture de 80 kg, ce qui eut un effet néfaste sur la sécurité à son volant. De plus elle ne peut dépasser le 60 km/h.
Dans un de ses livres consacrés à Philippe Charbonneaux, Dominique Pagneux, qui a essayé la voiture, confirme cet état de faits dans ces termes « bien que fort intéressante, elle est inconduisible correctement et constitue un vrai danger public ».
On comprend mieux le refus de la société Antem d’en produire une petite série, malgré des demandes de commandes fermes et l’insistance de son créateur.
Ce modèle resta donc unique, et à la suite de sa présentation au salon de Paris 1953, reçu de nombreux prix avant d’être revendu à un négociant de vins à Beaune.
Des années plus tard elle rejoint la collection de Philippe Charbonneaux, et est exposée pendant un temps au musée de Reims.
Philippe Charbonneaux est un designer industriel français, né à Paris le 18 février 1917 et mort à Reims le 4 juin 19982, spécialisé dans l'automobile.
Philippe Charbonneaux s'est fait connaître par ses dessins d'avions. En 1946, il devient le styliste de la marque Delahaye.
Après avoir étudié en 1948 avec Jean-Pierre Wimille une voiture de type GT à moteur central, il part aux États-Unis, à Detroit, travailler quelques mois au centre de style de la General Motors afin de concevoir une voiture de sport qui sera la Chevrolet Corvette.
À son retour, déçu par les méthodes de travail américaines, il s'installe à son compte à Paris et présente en 1951 la Delahaye 235 aux formes modernes ponton.
Outre la célèbre brosse à poussière « Nénette » toujours en fabrication, il monte son bureau de style au 50 rue Copernic à Paris avec Paul Bracq et Michel Vioche, et dessine autoroutes, brosses à dents Vademecum, chariot élévateur, électroménager, jouets, lampes Wonder, ordinateur Bull, publicités sur le lieu de vente, réveils JAZ, téléviseurs dont le célèbre TELEAVIA Panoramic 111, ventilateurs Etoile, poêle Pyrobal et bien d'autres choses.
Il crée aussi des véhicules, les plus marquants : la Citroën Traction Avant 15-Six du président René Coty, la Salmson 2300S Barquette, un coupé Citroën 2CV sport et de nombreux camions publicitaires pour les marques Astra, Pathé-Marconi (tel le célèbre Superbus aujourd'hui conservé à la Cité du train, au musée national de la Cité de l'automobile de Mulhouse), BIC, armée de l'air ou Formica destiné pour la caravane du tour de France. En 1959, il présente un camion publicitaire pour Onduclair qui sera le premier du genre, à cabine avancée, suivi d'un car-régie pour la RTF, sur châssis Bernard qui va préfigurer les nouvelles productions.
Appelé par Renault pour modifier la R8, il y crée le bureau de style4 avant de travailler sur la R16 dont le concept d'une berline deux volumes "5 portes" et dotée d'un hayon est une première pour l'époque, mais qui avait déjà été dessiné par le styliste-maison Gaston Juchet et son équipe, comme celui-ci le précisera plus tard 5. Du côté poids lourds, il réalise pour la firme Bernard en 1961 une nouvelle forme de cabine qui sera imitée par beaucoup, puis pour Berliet des véhicules de pompiers, le bus à étage de Paris, le gazelle de l'armée et le Stradair qui a tranché radicalement avec les autres productions.
Il transforme ensuite une R16 en version tricorps comme la Renault 25 bien plus tard. Les deux voitures n'ont pas eu de suites industrielles.
Avec la revue l'Anthologie Automobile dont il est directeur et rédacteur-en-chef, il revient en 1970 dans l'histoire de la carrosserie automobile puis crée un musée consacré à l'automobile française près de Saint-Dizier puis à Reims.
De 1990 à 1998, il réalise des prototypes à roues en losange et les présente au mondial de l'Automobile et salon de Genève: les Ellipsis.
Les collections de Philippe Charbonneaux ont été entreposées pendant 15 ans au musée Charbonneaux de Reims et entretenues par l'association Reims-Champagne.
Fin 2015, elles ont fait l'objet d'une donation au musée national de la Cité de l'automobile de Mulhouse. La vingtaine de voitures et le Superbus Pathé-Marconi offerts par Hervé charbonneaux, fils du designer y sont aujourd'hui conservés.
Il est le frère cadet de Pol Charbonneaux, colonel de l'armée de l'air et Compagnon de la Libération.
Photos prises à Paris, au salon Rétromobile 2016.
Source : Thierry GilLes Passionnés de l'histoire de l'Automobile-Motor History















































