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mardi 20 janvier 2026

CLUB5A - LE DESSIN DU MOIS - LES 60 ANS DU CABRIOLET DS !

Le cabriolet DS usine fut présenté officiellement à la presse le Mercredi 31 août 1960. Il va donc bientôt fêter ses 60 ans. Je prépare avec un illustre érudit du monde de la DS un ouvrage qui fera date. Il fera date, car il ne sera sans nul doute jamais publié, et sans doute non plus jamais terminé.. C'est bête parce qu'on avait plein de chouettes histoires illustrées à raconter sur ce mythe moderne.....
Citroën DS/ID Cabriolet « Usine » : un rêve inaccessible. 
Je vais vous parler aujourd’hui d’une voiture française qui ne sera pas à la portée de toutes les bourses, mais qui en fera saliver plus d’un. Si la berline Citroën DS représenta à partir de 1955 le haut de gamme à la française dans l’esprit de tous, que dire alors de sa version cabriolet ? 
Enfin de ses versions ! Car il existe plusieurs versions cabriolet de la DS, mais aujourd’hui, je voudrais vous parler du modèle officiel , dit « usine ». Cela dit, que ce soit en versions non officielles (Croisette, Caddy, Palm Beach ou Cabriolet, produits à 236 exemplaires entre 1958 et 1972) on en version « usine », tous les cabriolets DS dignes d’intérêts furent fabriqués par un seul et même « constructeur » : Henri Chapron. 
Ce sont d’ailleurs les réalisations « non-officielles » de Chapron qui mirent Citroën sur la voie d’une version officielle, intégrée à la gamme et distribuée par le réseau. Deux ans après la présentation des Croisette et Cabriolet, Citroën lance donc la DS Cabriolet (en août 1960) et sa version moins « technologique » ID. 
A son lancement, la DS19 Cab dispose du 4 cylindres 1,9 litres de 75 ch, tandis que l’ID reçoit un moteur identique mais moins puissant (63 ch), mais très rapidement, les deux modèles reçurent le même moteur développant 83 ch. L’ID19 Cab sera retirée du catalogue en 1965, tandis que la DS continuera à être produite jusqu’en 1971, recevant petit à petit des évolutions moteurs : en 1965, la DS21 (109 ch puis 115 ch en 1968) remplace la DS19, puis recevra l’injection électronique en 1969 portant la puissance à 123 ch. 
Stylistiquement, le cabriolet DS recevra les mêmes évolutions que la berline, recevant notamment en 1968 les nouveaux phares carénés. Malgré le label Citroën et la distribution au sein du réseau de la marque aux chevrons, les DS et ID Cabriolets ne seront produits qu’à 1365 exemplaires.
 Il faut dire que le passage chez un carrossier extérieur fait gonfler les prix, près de deux fois le prix de la berline. Autant dire qu’elle était déjà chère à l’époque, et l’est encore plus aujourd’hui. Sa rareté et l’engouement pour la DS explique ces prix hors du commun : comptez entre 150 et 200 000 euros pour vous offrir ce haut de gamme de l’automobile française. 
Les autres productions de Chapron, encore plus rares, se négocient dans les même zones de prix. Autant dire qu’elle ne sera pas accessible au commun des mortels comme moi. Dommage car en plus de toutes les qualités de la DS, tellement Citroën et révolutionnaire à l’époque (et parfois encore maintenant), elle propose la classe, car la ligne ne perd absolument pas de son éclat malgré l’ablation du toit. Dommage qu’une aussi faible production à l’époque la rende si inaccessible aujourd’hui.
Source : polahelena-carjager.com/

samedi 6 décembre 2025

CLUB5A - LE DESSIN DU MOIS - LA DAUPHINE U-S ...

Afin de développer ses ventes, la Régie Renault pense tout de suite à exporter sa Dauphine aux Etats-Unis et a créé pour cela une filiale Renault Incorporated. Inconnue des américains, la marque française doit développer un réseau et va s'appuyer sur quelques visionnaires américains pour vendre à leur compte ces petites voitures "Made in France". 
Des chaînes de montages à Flins, mais aussi à Haren-Vilvorde, sont monopolisées pour construire ces véhicules qui partent ensuite par bateaux aux Etats-Unis où elles seront finies de monter (phares, enjoliveurs, etc.). Des essais sont menés dans le Maine par un certain Harry Brownbach. Le 22 mai 1957, la Dauphine est présentée officiellement par Pierre Dreyfus dans le nouveau show room de la marque sur Park Avenue à New York. Les ventes sont alors estimées à 25 000 véhicules par année réparties entre 900 concessionnaires... 
En 1957, la Régie achète six liberty ships et les aménage pour transporter ses Dauphine. Les exportations continuent malgré des clients de plus en plus mécontents de la qualité de la voiture, de sa fréquence à tomber en panne, de sa difficulté à démarrer par grand froid, de sa faible étanchéité à la poussière, de la mauvaise qualité des chromes, de la peinture et des plastiques... 
 En 1959, Renault réussit à immatriculer 90 536 véhicules malgré le mécontentement de ses clients américains. Les ventes de la Dauphine s'écroulent, sa mauvaise réputation est faite, les plastiques sont décolorés et fendus au bout de 2 ans au Texas, des traces de rouille sont déjà visibles au bout de quelques mois sur les voitures circulant en Louisiane ou dans le Maine, le réseau de pièces détaché est aux abonnés absents, il est quasi impossible de la démarrer par grand froid, dans les régions sèches la poussière s'infiltre partout dû à sa faible étanchéité, les chromes se piquent rapidement, ... La petite Renault, surnommée la Princesse est la coqueluche des magazines de mode et d'autres...
 Ainsi, en novembre 1959, en page intérieure du célèbre magazine Playboy, trouve-t-on une certaine Donna Lynn lavant délicieusement une Dauphine... 
 En 1960, la Régie doit faire face au retard de paiement des concessionnaires de la Renault Inc. ; la dette de cette dernière s'élevait à 23 millions de dollars! Pierre Dreyfus dépêche alors Maurice Bosquet et Michel Maison pour trouver les causes de cette débâcle. Ils découvrent alors que, contraints d'acheter 40 voitures chacun, les concessionnaires n'arrivant pas à les vendre les stockaient tant bien que mal en attendant un hypothétique acheteur. Les véhicules étaient stockés dans des conditions effroyables, en plein vent, sur des zones innondables, ... 45 000 véhicules étaient en stock... 
Certains véhicules n'avaient même pas leurs glaces fermées, au Texas et en Californie le soleil avait craquelé les flancs blancs des pneus, au nord la neige et le froid avaient détérioré les peintures et fait éclater les volants en plastique, au sud la végétation avait même poussé dans les voitures... sans parler du vandalisme... A New York 4 500 Renault furent balayées par une tempête et une mer déchaînée. 
Ces véhicules de couleur noire exclusivement furent rapatriées en Belgique, reconditionnées à l'usine d'Haren et revendues en Europe ! Face à cette situation la production des voitures pour les USA est ralentie, le stock sur place couvrant presque une année de vente. Renault Inc. réussit à vendre pour l'année 1960, 62 772 Dauphine soit 31% de moins que l'année précédente alors que Volkswagen enregistrait avec sa Coccinelle 34% de vente en plus par rapport à 1959. Renault fut obligé de supprimer 2 744 postes ce qui occasionna de grandes grèves en France en octobre 1960. 
Toutes les voitures abîmées et qui purent être sauvées le furent, reconditionnées et transformées en modèle 1961 à la cadence de 25 par jour pour un coût de 100$ chacune ! Au 31 décembre 1960, le stock de Dauphine (comprenant les Gordini et Ondine aussi appelées Deluxe) était encore de 13 128 unités. En janvier 1961, Renault décide de baisser le prix de la Dauphine de 200$ et de porter la garantie à 12 mois ou 12 000 miles. 
Au mois de mai de cette même année le stock de Dauphine, Deluxe et Gordini est de 26 000. Fin 1966, Renault stoppe la vente de ses Dauphine, toujours vendues à perte. Les voitures étaient vendues comme en France, avec ou sans toit ouvrant, embrayage Ferlec ou ensuite Automatic. Les couleurs disponibles pour le marché américain étaient : Rouge Montijo, Blanc Réjane, Noir ou Bleu. 
Source : François Roussel - dauphinomaniac.org/