dimanche 4 janvier 2026

CLUB5A - REPORTAGE AUTO - « On dirait qu’on est assis dans un canapé » : la Citroën BX de Cédric a atteint 654.000 km et il la préfère aux voitures modernes...

 

Cédric, informaticien de 48 ans, nous livre ses astuces pour préserver la mécanique de son auto. Lorsque Cédric récupère cette BX Millésime turbo diesel en 2013, pour à peine 500 euros, la voiture a déjà plus de 20 ans et 490.000 km au compteur. Cédric n’a que peu de notions de mécanique. Sans emploi, cet informaticien a besoin d’un véhicule économique et à bas coût pour ses déplacements. Si la voiture est roulante et en règle, l’entretien qu’elle nécessite auprès d’un garage peut représenter un coût rapidement prohibitif que Cédric ne peut pas se permettre au vu de sa situation. 
Heureusement, le véhicule est entretenu dans un garage associatif à Nantes, association que Cédric rejoint sous les conseils d’un ami, lui-même adhérent. Le principe de la structure est simple : c’est l’utilisateur lui-même qui effectue les réparations, accompagné par un mécanicien professionnel. On met donc les mains dans le cambouis, avec un budget préservé à la clé. «Je ne connaissais rien en mécanique, ce n’était pas du tout mon cœur de métier au départ», explique Cédric. Les galères de l’apprentissage en mécanique Les débuts d’apprenti garagiste ne sont pas de tout repos. Lors de son premier changement d’embrayage, Cédric commet une erreur de débutant : il pose le disque à l’envers. 
Les vitesses ne passent plus. Il faut tout redémonter. «J’étais tellement dépité et fatigué que j’avais juste envie de brûler la voiture», se souvient-il. Sa confrontation aux aléas de la mécanique change profondément sa manière de rouler et d’appréhender l’automobile. «Maintenant que je sais comment ça fonctionne et comment c’est monté, j’essaie de ne pas maltraiter mon embrayage», explique-t-il. À tel point que lors d’un embouteillage en ville, il lui arrive de garer la BX, de rentrer en tram, et de revenir la chercher plus tard dans la soirée pour éviter de stresser inutilement la mécanique. Au fil des années, Cédric apprend, fait sa distribution, son embrayage, dompte l’hydraulique spécifique aux Citroën. «La première chose qu’on apprend, c’est comment fonctionne un moteur, pourquoi il faut changer telle ou telle pièce, pourquoi c’est important, à quoi ça sert», résume-t-il. 
Ces notions apprises avec cette BX ne sont jamais perdues, même pour des véhicules plus récents. Contrairement aux idées reçues sur l’hydraulique Citroën, Cédric n’a rencontré aucun problème majeur. «Du moment que les fluides sont changés et que c’est bien suivi, il n’y a pas de problèmes», assure-t-il. Pour le turbo, autre point sensible, la règle est simple : ne jamais le solliciter à froid et le laisser tourner trente secondes avant de couper le moteur. Le secret de l’anticipation Cédric fait de la maintenance préventive. 
«Je n’ai pas eu de panne à proprement parler, sauf une crevaison», précise-t-il. Il anticipe systématiquement les interventions : distribution tous les cinq ans ou tous les 80.000 km, embrayage au premier signe de faiblesse... Il y a quinze jours encore, il changeait les soufflets de crémaillère en prévision du prochain contrôle technique. Cette connaissance intime de son véhicule lui permet une confiance totale. «Demain, je pars en vacances au Luxembourg avec, il n’y a pas de problème. Souvent, on me dit : mais tu n’as pas peur de rouler avec ça ? Je réponds : “ben non, je la connais, je sais comment elle tourne”». Si l’entretien courant ne pose pas de problème - filtres à huile et ampoules se trouvent encore «chez Norauto ou Feu Vert » 
- les pièces spécifiques Citroën deviennent difficiles à trouver. «Les pièces hydrauliques, les tuyaux de retour, ils ont des moulages bien spécifiques pour la BX», explique Cédric. Chez Citroën, «ils ne savent plus ce que c’est qu’une BX et ils vont rigoler». La solution de Cédric reste de chiner sur Le Bon Coin, eBay, par le bouche-à-oreille... «Là, on rentre vraiment dans le fonctionnement d’une voiture de collection», illustre-t-il. «C’est fantastique, on dirait un canapé» La situation sociale de Cédric s’est améliorée depuis 2013, sans rentrer dans les détails, il possède désormais une Toyota Corolla en LOA. 
Alors pourquoi garder sa Citroën BX ? 
D’abord, le défi des kilomètres. «Quand on tape les 500.000, on se dit : ben, c’est marrant. Du coup, on essaye d’aller jusqu’à 600.000, puis on se dit : peut-être que je vais arriver aux 700.000». Et puis, il y a le plaisir de la conduite. «Je suis cent fois mieux assis dans la BX», affirme-t-il. Le confort légendaire de l’hydraulique Citroën fait toujours effet. Quand il faisait du BlaBlaCar avec sa BX, «les gens qui s’asseyaient derrière me disaient : mais c’est fantastique, on dirait un canapé». L’intérieur sans écran, la console centrale qui ne vient pas écraser les genoux, tout respire une autre époque. 
«C’est un peu la chance de se dire : tiens aujourd’hui, je ne vais pas prendre la voiture, je vais prendre la BX. Ça se roule différemment, c’est agréable, on change un peu de monde». Mais il y a aussi des contraintes, par exemple de gabarit. «Elle est vachement basse, c’est dur de rouler la nuit, on a les phares des autres voitures dans la figure. Avec les SUV et leurs phares LED, cela peut devenir très pénible: il m’arrive de réorienter les rétros quand je suis suivi pour ne pas être ébloui... Également, quand je me gare à côté d’une grosse voiture, rien que le poids de sa portière peut venir écraser la tôle de la portière de la BX, on a changé de paradigme automobile». 
 Un plaisir dont Cédric ne se lasse pas L’accueil réservé à sa voiture a évolué avec le temps. Au début, il n’était pas rare d’avoir des remarques du type : «Ce n’est pas beau. Pourquoi est-ce que tu roules avec ça ? C’est de la voiture de vieux.» Certains collègues n’hésitaient pas : «Moi, je ne pourrais pas rouler avec. Je ne sais pas comment tu fais.» Mais cette voiture populaire française ne laisse personne indifférent. «Il y a toujours quelqu’un qui va venir dire : moi, j’en ai eu une, ou mes parents en ont eu une. J’ai usé mes fonds de culotte sur la banquette arrière quand on partait en vacances», sourit Cédric.
 Ce petit côté populaire et sympa finit toujours par séduire. Aujourd’hui, il est autonome sur l’entretien de sa BX. « Il m’arrive même d’expliquer à de nouveaux adhérents comment faire certaines choses», avoue-t-il. Cédric ne se lasse pas. «J’aime bien mettre les mains dedans et continuer à rouler avec en me disant “c’est cool quoi, ça tourne”.» Et tant que ça reste un plaisir, Cédric continuera. 
Source : lefigaro.fr - Merci DAVID SARDA pour le suivi de l'info...