4 avril 1931 Début de la croisière jaune, organisée par André Citroën, elle relie Beyrouth à Pékin, c’est la troisième fois qu’il organise ce genre de Raid. L’arrivée se fera le 12 février 1932. En 1931, Citroën finance une expédition motorisée qui doit relier Beyrouth à Pékin. La « Croisière jaune » a pour mission de promouvoir les qualités techniques des véhicules du constructeur français, mais aussi de récolter le plus possible de données scientifiques. À travers les films, photos et récits publiés dans la presse, l’expédition va émerveiller plusieurs générations. 4 avril 1931, Beyrouth.
Une étrange colonne de huit véhicules quitte la capitale du Liban, alors sous protectorat français, en direction de l’Orient. La Croisière jaune Citroën se met en branle pour tenter l’exploit de rejoindre Pékin et traverser l’Asie Centrale, un périple de plus de 13 000 km, sur des routes à peine carrossables. C’est là que réside tout le défi de cette expédition automobile.
L’entreprise créée et dirigée par André Citroën n’en est pas à son coup d’essai pour promouvoir ses véhicules et montrer au monde entier la fiabilité de ses moteurs. Déjà, en 1923, les autochenilles de la marque aux chevrons ont traversé avec succès le Sahara, avant de s’engager dans un périple à travers le continent africain, reliant l’Algérie à Madagascar.
Cette fois-ci, c’est l’antique route de la Soie qui est choisie pour cette nouvelle expédition publicitaire, qui a également une portée culturelle et scientifique.
En effet, parmi la quarantaine de membres engagés par la firme Citroën, on trouve – outre les mécaniciens et les cadres techniques de l’expédition – des géographes, des archéologues, des naturalistes, mais aussi une équipe de cinéma, des dessinateurs et photographes chargés de documenter le patrimoine historique de ces contrées lointaines traversées, ainsi que la vie de leurs habitants. C’est là toute la magie et le génie commercial des équipes de Citroën : susciter la fascination avant même le départ !Une préparation minutieuse
Comme lors des deux précédentes missions, la direction des opérations a été confiée à Georges-Marie Haardt, ingénieur de formation et proche d’André Citroën, assisté de Louis Audouin-Dubreuil, un ancien officier de l’armée française.
Rien n’a été laissé au hasard, et il faut plus de deux ans pour préparer ce voyage au long cours.
Les véhicules ont été testés au cours de l’hiver 1929-1930 dans les Cévennes et leurs Causses, offrant des paysages et des conditions similaires à celles des contrées d’Asie Centrale, traversées par l’expédition.
Il faut aussi étudier et bien choisir l’itinéraire, en faire une reconnaissance préalable et obtenir toutes les autorisations nécessaires, un travail diplomatique afin de pouvoir traverser les différents états, mais aussi pour avoir le droit d’installer des campements et des points de ravitaillement le long du parcours. La première déconvenue vient de l’URSS, qui refuse que la caravane Citroën ne traverse le Turkestan, où sévit la famine. Les autorités soviétiques ont peur que le raid automobile serve de prétexte à une mission d’espionnage.
C’est le premier coup dur pour Haardt et son équipe, car le Turkestan est le seul chemin possible pour contourner l’Himalaya.
Pour faciliter la réussite de ce défi, il est décidé de scinder l’expédition en deux.
Une première équipe, baptisée groupe Pamir, s’élancera de Beyrouth en direction de l’ouest, tandis qu’une seconde équipe, le groupe Chine, partira de Pékin pour rouler plein est, à la rencontre de ses collègues. Nouveau problème diplomatique : le gouvernement nationaliste chinois de Tchang Kaï-chek refuse dans un premier temps de laisser passer les véhicules français à travers son territoire. Pour lever cette interdiction, Victor Point, ancien officier de Marine à qui Haardt a confié la tête du groupe Chine, a dû accepter d’embarquer des scientifiques chinois, et s’engager à ce que son équipe ne réalise pas de fouilles archéologiques ni de relevés topographiques.
Médiatisation internationale
La Croisière jaune est l’expédition la plus médiatisée des aventures Citroën. La date du départ n’a pas été choisie au hasard, elle a lieu six semaines avant l’ouverture officielle de l’Exposition coloniale de Paris. Un moyen de renforcer l’attrait et la fascination du public pour ce long voyage sur la route de la Soie, dans les pas d’Alexandre Le Grand et de Marco Polo.
Pour relater l’épopée des voitures Citroën, deux journalistes accompagnent également l’expédition : le Français Georges Le Fèvre pour le compte du journal illustré L’Illustration, et l’Américain Maynard Owen Williams, envoyé spécial du magazine National Geographic.
Source : ouest-france.fr/





