Les saisons suivantes sont également marquées par de nombreuses blessures. Lors de la saison 1982, il contredit les sceptiques qui pensent qu'il ne retrouvera pas son niveau. Il remporte le Grand Prix de Finlande, toujours sous la pluie, ce qui confirme sa réputation de pilote exceptionnel sur piste mouillée, et termine le championnat 250 cm3 à la dixième place. La saison suivante est marquée par un nouveau succès, toujours sur mouillé, et une place de vice-champion derrière Carlos Lavado. Mais c'est en 1984 qu'il obtient la consécration avec le titre mondial en 250 cm3. Monté en 500 cm3, il termine troisième du championnat du Monde.
En 1994 il remporte le Bol d'or sur Yamaha, l'un de ses coéquipiers étant son frère, Dominique Sarron. C'est finalement en 1995 qu'il mettra un terme à sa carrière de pilote pour endosser un rôle de directeur sportif chez Yamaha. Aujourd'hui il est chargé de la détection des jeunes espoirs au sein de la Fédération française de motocyclisme. Retiré du championnat depuis le Grand Prix de France 1992, alors couru à Magny-Cours, Sarron fut l'un des pionniers de la présence tricolore en GP. Champion du monde 250cc en 1984, il se souvient avec émotion de son passage dans la catégorie reine aux côtés d'illustres pilotes tel que Freddie Spencer ou Eddie Lawson, et ne regrette en rien ne pas avoir réussi à leur arracher une couronne.
Dans la foulée de Jean-Louis Tournadre, premier français Champion du monde en Grand Prix en 1982 en 250cc, Christian Sarron, décrochait également le titre dans cette même catégorie deux années plus tard, il y a de cela près de 35 ans. À croire qu'il faisait bon d'être d'origine auvergnate pour briller sur la scène des Grands Prix à l'époque !
Sarron, qui allait se constituer le plus beau palmarès français de la moto, avait fait ses débuts en deux roues sur le tard. "J'ai commencé la course à 20 ans. Je n'avais jamais mis les pieds sur les circuits avant 20 ans", explique ainsi le Clermontois auprès du site officiel du MotoGP. "J'étais un jeune peureux, j'avais peur de tout. Mais je refusais la peur, je voulais dominer cette peur, être maître de mon destin."
Arrivé en 350cc en 1976, Sarron n'allait cependant pas tarder à faire ses preuves, en obtenant un premier succès, sous la pluie, lors du Grand Prix d'Allemagne 250cc en 1977.
Il faudra néanmoins attendre cinq ans avant de revoir le Français monter de nouveau sur la plus haute marche du podium, toujours sous la pluie et cette fois-ci en Finlande, ce qui allait lui permettre de se forger une réputation de pilote redoutable dans des conditions humides.
Cinq autres succès suivront, dont trois l'année de son sacre en 1984, avant une dernière victoire l'année suivante, celle de son accession à la catégorie reine, lors du Grand Prix d'Allemagne. L'Auvergnat, évoluant sur une Yamaha, allait d'ailleurs faire forte impression en bouclant sa première saison en 500cc à la troisième place du championnat, une performance qu'il allait réitérer en 1989, une année avant son retrait des Grands Prix.
Avec du recul, Sarron conserve ainsi un regard nostalgique sur une époque où lui fut donné de côtoyer d'autres pilotes émérites, pour bonne partie australiens et surtout, américains.
"À cette époque, tous les pilotes américains ou australiens étaient de purs talents", se souvient-il. "Il y avait une école américaine ou australienne, où tous les pilotes faisaient beaucoup de dirt ou de cross, et cela leur apportait un peu plus de contrôle sur les machines lorsqu'il fallait glisser."
Freddie Spencer, Eddie Lawson, Kevin Schwantz ou bien encore Wayne Rainey, autant de grands noms de la moto que Sarron a pu fréquenter, et qui de son propre aveu lui ont permis de perfectionner son pilotage, grâce à des techniques à l'époque peu usitées par les pilotes européens.
"Je n'ai pas eu de manager, pas d'entraîneur. Donc personne ne m'a expliqué comment piloter une moto", reprend-il.
"J'ai appris tout seul. Et puis quand j'ai vu les pilotes américains qui déhanchaient alors que moi je ne le faisais pas, je me suis mis à essayer. En déhanchant, c'était un peu plus sûr. On avait plus de sécurité pour contrôler la machine. J'ai dû sans cesse repousser mes limites et travailler beaucoup pour essayer de m'approcher d'eux et essayer de temps en temps d'en battre quelques-uns. Je n'ai gagné qu'un seul GP [en 500cc], mais j'ai fini plusieurs fois sur le podium, beaucoup en bagarre avec eux."
Le Français se souvient surtout de l'état d'esprit qui régnait à l'époque dans le paddock, où il était encore possible d'être amis entre pilotes, tous mis sur un pied d'égalité devant un sport qui ne pardonnait pas la moindre erreur et forçait le plateau à l'humilité.
"Il y a eu des attaques franches, vraiment de la rivalité, mais je n'ai jamais vu de manœuvres qui n'étaient pas fair-play", se remémore-t-il ainsi. "On avait du respect les uns pour les autres, peut-être parce que la course était plus dangereuse à cette époque qu'aujourd'hui. Les circuits, ce n'étaient pas de vrais circuits, mais des routes ouvertes qu'on fermait pour les courses le dimanche, et quand on chutait on était tous conscients qu'on pouvait perdre la vie."
Convaincu qu'il a participé à l'une des plus belles pages du Championnat du monde, Sarron ne regrette ainsi en rien son absence de titre en 500cc, préférant garder le souvenir de sublimes batailles en piste, toujours viriles mais correctes. "Peut-être que s'ils n'avaient pas été là, j'aurais pu être Champion du monde, mais ce n'est pas grave", fait-il contre mauvaise fortune bon cœur. "Je préfère avoir lutté, avoir couru contre des pilotes de talent et de caractère comme eux, et ne pas avoir été Champion en 500cc, plutôt que de ne pas les avoir connus. Oui, pour moi ce fut une grande époque."
Meilleur pilote français de sa période, Sarron pourrait bien voir à terme Johann Zarco ou Fabio Quartararo le supplanter alors que le MotoGP, digne successeur du 500cc, confirme sa popularité d'année en année et semble s'inscrire dans un nouvel âge d'or.
Source : motorsport.com - SANS CONCESSIONOffice de Tourisme Terra Volcana - Bureau de Riom





