En 1883, Siegfried Bettman, né en Allemagne, émigre vers la Grande-Bretagne où, après avoir travaillé dans divers petits emplois, il débute à partir de 1885 un commerce d'importation de bicyclettes à destination de son pays d'adoption.
Dès 1886, il se rend compte que son nom, sous lequel il distribue ses bicyclettes, pourrait être un frein à leur diffusion. Il cherche donc un nom qui sonne aussi bien au Royaume-Uni, France et Allemagne - dont il parle couramment les langues.
C'est ainsi que naît la marque Triumph.
Il s'associe rapidement à Mauritz Schulte, technicien originaire comme lui de Nuremberg. Ils s'installent alors dans la région la plus industrialisée de la Grande-Bretagne : Coventry, où l'on commence déjà à parler de moteurs pouvant équiper des avions, des automobiles et des motocyclettes.
Rapidement, ils se penchent vers cette nouvelle technique et installent, dans la partie-cycle des vélos qu'ils produisent déjà, un moteur de la marque belge Minerva.
C'est ainsi que naît, en 1902, la première moto Triumph.
Dès 1905, la firme de Coventry étudie et produit son propre moteur : un monocylindre, dont la distribution est à soupapes latérales, de 363 cm3. Cylindrée qui va progressivement être augmentée à 453, 476, 499 et enfin 550 cm3. Cette moto acquerra rapidement une réputation de grande robustesse. Parallèlement, Triumph s'implante en Allemagne par sa filiale TWN.
Triumph Model H (en)
Sa puissance modeste de 3 ch ne l'empêchera pas de se classer deuxième du Tourist Trophy de 1907 et d'y remporter la victoire l'année suivante, à une vitesse de 68 km/h.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Triumph existantes seront réquisitionnées en grand nombre pour équiper l'armée. Réquisitions auxquelles viendront s'ajouter quelque 30 000 motos produites dans le cadre de l'effort de guerre. Elles y maintiendront la réputation de motos robustes.
À la fin de la guerre, la type « H », équipée d'un quatre temps de 550 cm3 se verra adjoindre dans la gamme — restreinte — un monocylindre deux temps de 225 cm3, la « Junior ». Malgré une société florissante, Schulte quitte Triumph en 1919.
En 1932, un ingénieur talentueux arrive chez Triumph : Val Page. Il va moderniser la gamme et concevoir le fameux « vertical twin » (bicylindre vertical) qui apportera tant de notoriété à la marque de Coventry. Triumph n'a pas inventé ce type de moteur qui existait déjà chez Werner au début du siècle.
Bien que ce modèle de 650 cm3 ait connu un très bon accueil de la part du public, l'entreprise connaîtra des difficultés financières, répercussions du Krach de 1929 à Wall Street.
La marque est alors vendue à Jack Sangster déjà propriétaire de la firme Ariel. Edward Turner devient alors chef des études. Ses buts seront avant tout d'uniformiser la fabrication et de simplifier la gamme pour cela il ne conservera que 3 modèles de monocylindres allant de 250 à 500 cm3 et abandonnera la première version de bicylindre pour concevoir un tout nouveau 500 cm3, presque aussi peu encombrant qu'un monocylindre. La moto équipée de ce moteur sera la « Speed Twin », présentée en 1937.
La Seconde Guerre mondiale survient, et cet événement dramatique le sera doublement pour Triumph puisque, en novembre 1940, l'aviation allemande prend pour cible la ville industrielle de Coventry. L'usine Triumph, en même temps que bien d'autres bâtiments, sera entièrement détruite. La volonté ne manquant pas, une unité de production sera rapidement remontée non loin de là, à Warwick. Il faudra attendre 1942 pour qu'une toute nouvelle usine soit construite à Meriden.
La production y sera suffisamment efficace pour que près de 50 000 motos soient construites avant la fin des hostilités.
Production à laquelle il faut ajouter de nombreux moteurs statiques (générateurs, pompes, etc.).
Après avoir quitté Triumph en 1941, Edward Turner fera son retour en 1944. La production civile reprend alors. La demande est si forte pour les bicylindres que la production des « monos » sera rapidement arrêtée.
La guerre n'aura pas eu que des effets négatifs pour Triumph puisqu'elle donnera l'occasion à de nombreux jeunes américains de découvrir ces motos légères et performantes.
Triumph crée donc deux compagnies aux États-Unis, vers lesquelles 75 % de la production seront expédiés.
C'est à l'attention de ce marché que sera créé en 1949, un moteur de cylindrée plus importante (650 cm3). Ce sera la fameuse « Thunderbird ».
En 1949, pour assurer la pérennité de Triumph, cette dernière est englobée dans le puissant groupe BSA, qui comprend alors des firmes telles que Ariel, Sunbeam, les voitures Daimler, la production d'armes, de machines-outils et d'acier.
En 1953, apparaissent à nouveau des monocylindres dans la gamme : les « Terrier » de 150 cm3 et « Cub » de 250 cm3.
L'année suivante, Triumph décide de doter ses motos d'une suspension arrière à bras oscillant, technique déjà utilisée depuis longtemps par la concurrence.
En 1956, Triumph va bénéficier d'une excellente publicité : sur le désert de sel de Bonneville, Johnny Allen atteint, avec une moto en forme de cigare équipé d'un moteur Triumph, la vitesse de 198,020 mi/h (318,682 km/h). Dès 1959, Triumph lance une nouvelle moto qui portera le nom de l'endroit en question : la « Triumph Bonneville ».
Source : Garage Productions Pvt. Ltd








