
Initialement un rendez-vous d’amateurs de voitures de collection, l’événement californien du mois d’août est devenu en l’espace de quelques années le salon favori des marques de luxe.
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Depuis la fin de la crise du coronavirus qui a mis l’économie mondiale à l’arrêt pendant plusieurs mois et chamboulé des organisations bien huilées, les salons automobiles, que certains pensaient incapables de se remettre en question et de se renouveler, retrouvent progressivement des couleurs. Si la plupart des grandes marques généralistes réinvestissent ces grandes manifestations, ce n’est pas le cas des marques de voitures de sport et de prestige. Ces dernières ont désormais pris l’habitude d’investir les lieux et les événements fréquentés par leur clientèle, aussi passionnée qu’à fort pouvoir d’achat. C’est ainsi que le concours d’élégance de Pebble Beach qui a fêté cette année sa 75e édition a servi de tremplin à la naissance de la semaine automobile de Monterey. Outre les courses de vieilles gloires automobiles sur la piste de Laguna Seca distante de quelques kilomètres, le triangle Monterey, Carmel et Pebble Beach est le théâtre des plus grandes ventes aux enchères de l’année mais aussi d’une multitude d’événements : le Tour d’élégance, une parade de véhicules de collection sur la route longeant la côte, concours d’État organisé par Ferrari et dans l’enceinte du Quail parrainé par la chaîne d’hôtels Peninsula, un salon de voitures de sport et de prestige. Sur les pelouses d’un vert à faire pâlir d’envie les agriculteurs français sont exposés les dernières créations des plus grandes marques du secteur.
Reste que ne rentre pas qui veut au sein de cette enceinte. Ceux qui n’ont pas la chance d’avoir été invités devront débourser de 1 000 à 3 000 euros pour pouvoir accéder au Quail, un événement à lui tout seul.
L’accès franchi, l’amateur ne sait pas où donner de la tête. L’ingénieur Gordon Murray a choisi le salon pour dévoiler sa dernière création : la S1. Version routière de la S1 LM présentée l’an dernier, la S1 est la véritable héritière de la McLaren F1 apparue en marge du grand prix de Monaco de 1992. Comme son aînée, la S1 repose sur une structure monocoque en carbone et dispose d’une architecture à trois places frontales et conduite centrale. La mécanique, le V12 Cosworth atmosphérique de 4,2 litres fournit 690 ch et tourne à plus de 12 400 tr/min. Un record. Les 64 exemplaires produits sont déjà tous réservés. Derrière le stand de la firme de l’ingénieur sud-africain, Honda Racing célèbre 70 ans de compétition. Un peu plus loin, Lamborghini, comme il en a désormais pris l’habitude, profite de l’événement pour présenter un nouveau modèle.
Cette année, la firme de Sant’Agata célèbre l’appellation «SV» (Super Veloce) inaugurée par la Miura en 1971 avec une série exclusive de la Revuelto. Baptisé SVJ, ce nouveau bolide devient la Lamborghini la plus puissante et la plus performante jamais produite depuis sa naissance. Produit à seulement 1 963 unités, la Revuelto SVJ annonce une puissance de 1 065 ch, soit 50 ch de plus que la version de série. Les liaisons au sol et l’aérodynamique ont été revues pour s’adapter à l’augmentation des prestations sportives. Sa nouvelle supercar côtoie l’ensemble de la gamme.
À la veille de souffler ses 80 bougies, Porsche n’est pas non plus venu les mains vides. Sur son stand, il dévoile une version spéciale de sa 911 GT2 RS.
Réalisé par le département personnalisation, ce modèle s’inspire nettement de la fameuse 935/78 Moby Dick engagée au Mans en 1978 avec sa carrosserie arborant un nez plat. Ce véhicule unique a pour mission de montrer les possibilités offertes par le département sur-mesure. Chez Bugatti aussi, il est question de «one-off» désignant des réalisations uniques. Sous le label Solitaire, un programme de personnalisation inauguré l’an dernier, la firme de Molsheim dévoile la Destrier.
Troisième modèle du programme Solitaire, ce véhicule est une version routière de la Bolide, une voiture développée pour la performance pure et non homologuée pour la route. Comme les quarante Bolide produites, la Destrier accueille le W16 8 litres 4 turbos de 1 600 ch.
Ferrari CZ26, une nouvelle berlinette sur-mesure
Chez Ferrari, la personnalisation est également à l’honneur avec la présence d’une nouvelle berlinette à carrosserie unique. Commandée par un amateur américain, la CZ26 est basée sur la berlinette hybride rechargeable SF90 Stradale. Elle signale par des lignes horizontales évoquant certaines réalisations des années 1970.
McLaren veut faire renaître la M6GT
De son côté, McLaren, qui cherche toujours à rebondir, n’est pas venu les mains vides en Californie. Le constructeur de Woking mise sur le néo-rétro pour séduire la clientèle et se relancer.
Son avenir passera par la McL 6GT, une réinterprétation moderne de la fameuse M6GT, un bolide de route imaginé par Bruce McLaren à la fin des années 1960 et évoquant la Chevron B16. La prochaine berlinette sera propulsée par un V8 et marquera, pour la première fois depuis la McLaren F1, le retour de la boîte mécanique.
Valen, le summum du V12
Toujours en Grande-Bretagne mais chez Aston Martin, Pebble Beach a servi de rampe de lancement à la Valen. Produite à seulement 150 unités, cette berlinette devient l’Aston Martin à moteur avant la plus puissante de l’histoire. Son V12 biturbo 5,2 litres délivre la puissance de 850 chevaux. Dans le même temps, les ingénieurs ont réussi à réduire le poids de 110 kilos.
La manifestation californienne était également la première américaine de la version Supersports de la Bentley Continental GT.
Développé par les ateliers Mulliner, ce modèle se distingue par son aérodynamique et sa finition spécifiques. Apparue voici seulement quelques semaines en ouverture du grand prix de Monaco, l’Audi Nuvolari s’offrait à la convoitise des Américains. Quant à son voisin de Munich, il exposait le concept M de berline électrique révélé lors des 24 Heures du Mans et le concept BMW Alpina annonçant un inédit coupé portant le logo du préparateur de modèles sportifs que BMW a racheté voici quelques années. Mercedes, qui célèbre cette année les 140 ans de sa naissance, disposait d’un espace pour présenter ses gammes AMG et Maybach.
Enfin, si l’artisan californien Singer, l’un des spécialistes du restomod avec ses Porsche 964 revisitées et modernisées, est un habitué du rendez-vous de Pebble Beach, il se présentait pour la première fois avec deux inédits véhicules réalisés en collaboration avec la maison Louis Vuitton. Ce partenariat inédit a rapidement convergé pour s’étendre à une personnalisation intégrale des voitures.
La première, un coupé à l’allure des 911 Classic des années 1960, a été conçue pour Louis Vuitton. Elle se distingue par sa teinte safran mariée à des éléments bleu cobalt et jaune. La seconde prend l’allure d’une 911 Turbo cabriolet. Conçu en étroite collaboration avec Nicolas Ghesquière, le directeur artistique des collections femme de Louis Vuitton, ce modèle hors-norme arbore une robe blanche rehaussée de parements en bois précieux.
Sous sa carrosserie en fibre de carbone sommeille un flat-six 3,8 litres biturbo délivrant la bagatelle de 700 chevaux. Destinées à rester unique, ces deux Porsche Singer se signalent par un luxe de détails à même de fasciner les plus blasés des amateurs de personnalisation. Le soin méticuleux déployé pour la confection des pièces atteint ici de nouveaux sommets.
Source : lefigaro.fr - Merci DAVID SARDA pour le suivi de l'info...