dimanche 1 février 2026

CLUB5A - REVUE DE PRESSE - Rétromobile 2026 : les lauréats du Trophée de la préservation

Moment fort de la semaine du salon : ce prix honore la richesse du patrimoine automobile français. Passer la publicité Reconduit cette année, le Trophée de la Préservation était organisé pour la troisième année consécutive par le salon Rétromobile. À l’initiative de Romain Grabowski, le directeur de la manifestation, ce prix récompense depuis sa création l’authenticité d’une voiture, c’est-à-dire une voiture qui a été préservée dans son état d’origine et qui n’a jamais été restaurée ou seulement à la marge pour continuer à rouler et éviter les outrages du temps. Lors de la première édition, l’organisation s’était rendu compte qu’il était préférable de distinguer les véhicules d’avant-guerre de ceux d’après-guerre. Depuis l’an dernier, le salon Rétromobile a donc créé deux catégories. 
Cette année, le jury inchangé depuis trois ans et composé de François Melcion, cofondateur de Rétromobile, Chip Connor, un grand collectionneur américain, Laurent Hériou, vice-président de la FIVA en charge de la commission technique, Mathias Doutreleau, organisateur du Concours d’élégance Suisse, et votre serviteur, avaient donc à juger un grand nombre de véhicules. Rapidement, le jury s’est accordé pour attribuer le Trophée de la Préservation dans la catégorie avant-guerre à l’omnibus de la marque française de Puteaux Vinot et Deguinguand de 1913. Exposé par le club des Teuf-Teuf, l’un des plus anciens exposants de Rétromobile, ce véhicule dédié au transport de passagers n’avait jamais été vu. À l’origine, il bénéficiait d’une autre carrosserie. Après avoir servi pendant la Première guerre mondiale par l’armée, la Vinot et Deguinguand a été recarrossée en 1918 en omnibus à la demande du Grand Hôtel Mas de la station thermale de Lamallou-les-Bains, près de Montpellier. Cet omnibus accueille au sein de la cellule passager séparée de la cabine du chauffeur deux banquettes. 
Le toit était équipé d’une galerie pour installer les bagages des clients de l’hôtel. On peut penser que ce véhicule servait à aller chercher les clients à la gare. Cet omnibus est un formidable témoignage de l’univers du voyage au début du XXe siècle. Pour le véhicule d’après-guerre, le jury s’est accordé pour récompenser le concept Citroën Karin. Véhicule par essence unique, ce prototype était l’une des attractions du stand de la marque aux chevrons lors du salon de Paris de 1980. Conçu le styliste franco-italien Trevor Fiore, ce véhicule réalisé en plâtre avait fait sensation avec sa silhouette pyramidale au design futuriste et à son architecture à trois places frontales et conduite centrale. 
Loin d’être un simple exercice de style, la Karin préfigurait déjà l’automobile de demain avec des équipements révolutionnaires pour l’époque : écran électronique d’information sur la conduite et l’état de fonctionnement du véhicule, position de conduite centrale offrant une ergonomie repensée. Sa face avant avec ses projecteurs sous un bandeau a inspiré la BX sortie deux ans plus tard. La Citroën Karin s’intègre dans une exposition retraçant l’histoire des concepts de la marque française. Outre ce véhicule, les visiteurs peuvent découvrir sur le stand la 2 CV A de 1939, la C10 de 1956, la berline Activa 1 dotée des quatre roues directrices, la Xanae de 1994 qui annonçait le monospace Xsara Picasso et la C-Cactus de 2007 qui explorait le thème de la voiture essentielle. Cette année, avec ses deux prix, le Trophée de la Préservation célèbre tant la richesse du patrimoine français que sa sauvegarde.
Source : lefigaro.fr