En témoigne son nouveau « bébé », la Citroën DS Grand Palais, présentée avec succès en février dernier au salon Rétromobile. « C’est une occasion qui s’est présentée. Je l’ai saisie », sourit Gérard Godfroy. Il y a dix ans, le designer qui réside désormais à Bayeux (Calvados) a été stoppé dans son élan créatif par « la persécution fiscale. Mais la flamme ne s’est jamais éteinte. » Une discussion avec Christian Bihr l’a totalement ranimée. « Il m’a montré une DS berline, qu’il souhaitait transformer en cabriolet. Je lui ai dit qu’il serait dommage de faire ça, tout en lui proposant de lui dessiner un coupé, qui n’a jamais existé dans la gamme Citroën. Là, on pouvait se faire plaisir. » Les deux « amis de trente ans », qui avaient déjà œuvré pour la Venturi, ont ainsi renoué une collaboration.
« Il a réalisé des voitures pour Pescarolo, ou encore les 406 et 407 pour le film « Taxi ». Il a beaucoup d’activité. Sa spécialité, c’est tout ce qui sort de l’ordinaire. » La DS Grand-Palais ne dépareille pas. Le nom, déposé, est lié à l’histoire du véhicule, présenté en 1955 dans le monument parisien. « J’ai le sentiment que cette voiture a plus d’impact que la Venturi, qui ne s’adressait qu’à des passionnés. Là, ça parle à tout le monde. La DS est sans doute l’objet le plus novateur, dans toute l’industrie automobile. » Comptez tout de même 150 000 € pour le coup de cœur. Un prix qui ne rebute pas les plus à l’aise financièrement. Savoir-faire deux-sévrien Le coupé a bénéficié du savoir-faire deux-sévrien. « Un mois avant la présentation à Rétromobile, Claude Poiraud est venu me donner un coup de main. »
Le tandem de la Venturi a ainsi été reconstitué. « Noël Gillot, lui aussi un ancien d’Heuliez, est aussi venu tout comme Pierre Biret. Nous avons eu un plaisir énorme à retravailler ensemble. Il y a, entre nous, une confiance réciproque ». La fabrication d’un deuxième exemplaire est désormais lancée, dans la Sarthe. « Il est déjà réservé. On veut que ça démarre doucement. L’objectif, c’est d’atteindre quatre voitures par an. La ressource, quoi qu’il en soit, n’est pas intarissable. » Car le principe restera intangible : partir d’une DS d’époque, avec la motorisation d’origine.
Puriste, Gérard Godfroy va plancher sur un tableau de bord voué à remplacer celui des voitures des années 1970-1975 qui seront récupérées. « Ce tableau de bord avait été changé. Il est particulièrement laid. » Bien qu’inédit, ce futur équipement sera le reflet de ce qui se faisait dans les sixties. Gérard Godfroy travaillera sans doute comme à son habitude, dans l’urgence. « Dans le monde du style automobile, on est obligés d’être performant. Sinon, on meurt. »
Source : ouest-france.fr/-autotest



