vendredi 17 avril 2026

CLUB5A - VOITURE DE LEGENDE - LA CITROËN SM2 ....UNE SACRÉE HISTOIRE !!

On a essayé la SM2… et ça n’a rien à voir ! Depuis quelques années maintenant les Gallet écument les salons en exposant le projet, puis la voiture complète. SM2 c’est une sacrée histoire, une Citroën SM entièrement revue, plus performante, fiabilisée, mieux équipée, un Restomod à la française en fait. Et comme nous vivons à quelques kilomètres et que ce sont les 50 ans de la SM cette année, il fallait absolument qu’on aille se faire une idée. À l’extérieur : ça se précise déjà Tout l’intérêt d’un Restomod est quand même de garder l’aspect original de l’auto. Et pour le coup SM2A tape dans le mille.
La Citroën SM de 1974 qui sert de base a été peinte dans une couleur qui n’est pas tout à fait une couleur d’origine… mais qui lui va très bien ! À l’extérieur SM2 va jouer dans les détails. Pour la reconnaître il faudra être habitué des SM d’origine. Premiers (gros) indices : les roues. On en reparlera après mais la technique a été améliorée et les perfs aussi. Mais les jantes en résine renforcée d’époque offrent un maigre choix de pneus différents. Du coup ce ne sont pas des jantes d’origine mais des jantes en alu, taillées dans la masse qui sont montées sur notre auto du jour. La monte est ici du 17″ et ça change tout. Au niveau des perfs, cela permet de monter des Pilot Sport 4 du bibendum. Côté aspect, en ne regardant que la jante, il faut avoir l’œil, mais c’est bien le flanc du pneu, beaucoup moins haut, qui nous mettra sur la piste. 
L’autre petit détail viendra du montant de custode. Là aussi les Gallet ont usiné un badge taillé dans la masse et qui affiche clairement l’identité de l’auto. À l’intérieur : grand luxe ! Dès qu’on ouvre la porte on découvre la magnifique sellerie faite sur mesure pour notre auto. Des sièges cuir-alcantara simplement superbes attirent l’œil. Et rapidement en faisant le tour des équipements… on se rend compte que bien des autos plus récentes n’offrent pas la même prestation. La clim’ a été revue, un régulateur de vitesse installé, les vitres électriques sont impulsionnelles et bien plus rapides, la voiture adopte la fermeture centralisée et enfin la sono est confiée à un système Infinity à 6 hauts-parleurs et un caisson de basse.
 Et on peut le relier en bluetooth à un smartphone ! Royal ! Sous le capot : le grand vide ! C’est bien sur la partie technique que SM2 se distingue le plus d’une SM Injection “normale”. On a eu les deux côte à côte, c’est flagrant ! Et quand on fait la liste complète de ce qui change, ça donne le tournis… et on ne peut que féliciter les Gallet de l’avoir entrepris, avant même de se mettre au volant. Beaucoup de pièces sont en alu, une nouvelle fois usinées dans la masse. 
Le but est à la fois esthétique, mais vise aussi à améliorer la répartition du poids. Dans cet optique, la batterie est d’ailleurs passée à l’arrière, le radiateur est lui aussi en alu et le conjoncteur est approché du tablier. Le poids sur le porte à faux avant (qui est grand quand même) est donc réduit. Du côté de l’injection on passe sur un système séquentiel avec rampe alu, joints toriques et raccords vissés. L’allumage fait appel à une bobine par cylindre. Injection et allumage sont gérés par un boitier calculateur programmable. Le refroidissement est également revu, quand à la boîte de vitesse, elle a subi un profond lifting. Le gain de couple a en effet permis de changer le pignon de 5e par un autre, plus démultiplié. Une boîte 6 est d’ailleurs à l’étude. Enfin on ne peut parler de SM sans évoquer l’hydraulique. Tous les conduits ont été déplacés, pour les éloigner de l’échappement notamment. 
De fait, ils passent dans les longerons ! Le bocal de LHM est repensé et également en alu tout comme les autres accessoires. Côté freinage, les plaquettes sont faites sur mesure et revêtues avec un traitement similaire à ce qui se fait en compétition. Le travail fait sur le moteur porte la puissance à 170ch. Vous allez nous dire que c’était la puissance d’origine… sauf que la XM sortie 20 ans plus tard affichait la même puissance et qu’une SM en bon état sur un banc actuel en sort environ 135. Faites vos conclusions ! 
Le couple est également plus abondant et dispo plus bas. Niveau poids, on gagne aussi 120 kg ! On va aller voir sur la route pour se faire une idée ! SM vs SM2 : KO Technique Comment se rendre compte de ces améliorations ? Toute simplement en essayant d’abord une SM Injection d’origine, entretenue mais jamais restaurée. Un bon tour avec permet de mettre les curseurs aux bons endroits et se rappeler qu’une SM a quand même une conduite particulière. Je parle là des sensations renvoyées par la direction, de l’impression de flottement… et surtout du toucher du champignon de freinage. Ça y est, je suis dans l’ambiance, on peut y aller. Déjà je vais prendre place dans SM2 après avoir ouvert la porte. 
Les charnières sont neuves et dures. Une fois la porte ouverte et les compères installés à l’arrière, je m’installe. Le siège est particulièrement confortable mais un peu plus dur que le siège d’origine. Ah non, il est juste neuf… Je le règle et je m’attache, avec un système dont l’enrouleur est bien caché et une boucle moderne plus facile à manier. Ensuite c’est au volant de se régler. Hauteur, profondeur, faudra quand même pouvoir atteindre le champignon. 
Tout est prêt. Moteur. Le V6 d’origine Maserati s’ébroue du premier coup. Même à l’arrêt et avec une insonorisation de qualité, il est présent dans l’habitacle… et avec une sonorité pas déplaisante du tout. Pour quitter le stationnement, une centaine de mètres de chemin défoncé se profile ! Même pas mal. SM2 s’en joue totalement. Je me prend pour Aladdin, si ce n’est que le tapis volant aimerait bien aller plus vite. Je m’arrête au stop. Nicolas me confirme que l’auto est déjà en température. Du coup je ne me pose pas la question avant de m’insérer. Trop fastoche ! Me voilà donc sur la route. 
Le revêtement et la largeur de la chaussée ne posent pas de soucis mais permettent de se familiariser avec l’auto. La première ne sert pas. Elle est courte et la cavalerie comme le couple permettent d’évoluer en 3e minimum. Dommage ça fait moins de maniements pour le levier de vitesse. Même s’il tinte moins que dans la SM d’origine, on a un petit sentiment de Ferrari à chaque changement de rapport. La route ne présente aucun virage serré, la troisième non plus n’est pas utile. En 4e SM2 détale. Il n’y a pas de camion sur la route pour tester ses aptitudes au dépassement mais un 38 tonnes ne sera pas vraiment un souci. 
Allez, je passe la 5e. Ambiance feutrée dans l’habitacle. Elle est en effet bien plus démultipliée qu’à l’origine. Mais combinée aux efforts faits sur le moteur, elle offre des reprises tout à fait satisfaisantes. Elle abaisse également le bruit dans l’auto. En fait si vous commencez à entendre les vocalise du V6 italien c’est que c’est votre permis à points qui est en danger ! On sort de la départementale pour s’engager dans un village. Un ralentisseur se profile “T’inquiète ça passe”. Même si les occupants de l’arrière protestent, en fait le tapis volant nous secoue à peine. Le tarage de l’hydraulique est parfait et SM2 ne bouge presque pas, les occupants non plus.
 Le confort est vraiment royal. Je pourrais mettre un peu de son, mais j’avoue préférer la symphonie en 6 pistons venue de Modène. Nous sommes au milieu de l’appelation Champagne et les enjambeurs sont nombreux sur la route. Il faut que je me range au milieu du village et je peux goûter à la direction superbement assistée et au faible rayon de braquage. À la sortie du village, je repasse en troisième histoire de bien faire parler le moteur. Quelques centaines de mètres plus loin s’ouvre une petite route qu’on me décrit comme le terrain de jeu parfait. Cligno à droite, c’est parti ! “Va y avoir du sport, mais moi j’reste tranquille” Petite route en effet. Du relief, en effet, des virages, tout à fait ! 
Pour le moment je sais déjà que SM2 est une auto confortable, qu’elle est facile à conduire et je la soupçonne d’être performante. L’instruction est rapide et l’enquête vite bouclée. Cette Citroën cinquantenaire est vraiment transfigurée. Côté moteur : pfiou ! Les relances sont franches. La troisième suffit mais la seconde offre un tel pied pour les réaccélérations que j’en abuse un peu. La mise en vitesse est hallucinante, même pas besoin de comparer avec la voiture d’origine (qui reste tout à fait performante cela dit). Là on est dans le sportif, on a chaussé les pointes et on arrache le tartan. Quand on a besoin de passer la 4e, mieux vaut ne pas regarder le compteur ou croiser une mythique SM bleu nuit avec des inscriptions sur les portières. Les virages ? 
Les vitesses de passage sont énormes, comparables à ce qu’on peut trouver dans une berlinette légère, mais dans un genre totalement différent. Déjà à cause du poids. Là on n’hésite pas à rentrer très à l’extérieur avant de plonger à la corde. Les Pilot Sport 4 ne me trahissent pas et même en étant optimiste sur la réaccélération, ils accrochent vite (mais on peu quand même les faire chanter). Et puis on est dans une SM, on zappe le roulis, ça tourne, point. Par contre, faut se faire à la direction Diravi. Vous savez, celle qui ramène toute seule la direction au milieu. Et bien elle pourra dérouter. 
 Le freinage ? Nickel pourquoi ? L’accroissement des perfs a été suivi de ce côté. Certes le toucher du champignon reste particulier, mais il est plus progressif que dans la SM d’origine. Tout ça pour dire ? Et bien que SM2 sait troquer le costard contre le survet’ et ça fait plaisir ! Conclusion : vous ne verrez plus la SM de la même façon Alors une Citroën SM reste une auto très agréable. Performante, singulière, relativement rare, c’est une auto parfaite dans n’importe quelle collection. Mais une fois que vous êtes montés et que vous avez conduit (ou encore mieux, piloté) SM2, c’est autre chose ! Plus rien à voir avec l’ancienne SM, surtout au niveau des perfs. Cette auto est née de l’imagination de techniciens qui savent ce qu’ils font et savaient ce qu’ils voulaient. 
Pari gagné. On se retrouve dans une auto moderne avec tout le charme d’une ancienne. La démarche déplairai aux fanatiques de l’origine (dont je peux faire partie de temps en temps). Mais au final mieux que de débattre du pourquoi ou de l’auto d’origine, se mettre au volant vous apportera toutes les réponses. Rouler en SM2 Pour rouler en SM2, il vous faudra une SM. Attention, les Gallet sont pragmatiques. La transformation se fera à partir d’une SM “de base” dont la restauration serait tellement lourde qu’elle ne présenterait aucun intérêt économique. Celle avec laquelle vous roulez au quotidien et qui est en bon état : gardez-la ! En fait SM2 remet sur la route une auto qui n’y serait jamais retourné ! Ensuite, c’est parti pour la transformation, sur une base fournie. Il vous en coûtera alors 230.000 € et l’auto est entièrement personnalisable. Et comme ce n’est pas fini, un moteur 3.5 litres, qui sera couplé à la boîte 6, est à l’étude !
Source : newsdanciennes.com