UNE COQUE POLYESTER
Au premier regard, l’Apal coupé peut laisser penser à une version différente de la Porsche 356 Abarth Carrera, mais en réalité, il s’agit d’un coupé à carrosserie polyester boulonnée sur un châssis de Volkswagen renforcé et modifié, mais avec « beaucoup de Porsche en dessous ». Avec un empattement plus long d’une trentaine de centimètres que celui d’une Porsche 356 mais doté de seulement deux places, l’APAL GT offrait un habitacle très confortable pour le conducteur et son passager, ainsi qu’un grand espace pour les bagages à l’intérieur. Leur poids léger et leur centre de gravité bas ont également contribué à une excellente maniabilité.
Avec sa carrosserie polyester l’Apal 1600 GT coupé n’affichait que 700 kg sur la balance, bien moins qu’un coupé 356 B, s’avérant très efficace dans les courses, les courses de côte et les rallyes, y compris le célèbre concours Liège-Sofia-Liège, dans lequel l’Apal s’illustra.
Le moteur est le 1600 « super » de 75 cv à carburateur Weber NDIX des 356 de l’époque, mais certains 1600 « base » de 60cv auraient été montés, pour des questions de coûts.
TROP CHÈRE
Mais si l’Apal 1600 GT était séduisante, efficace et performante, elle souffrait cependant d’un inconvénient majeur : un prix de vente élevé, plus élevé que celui des Porsche 356 …
La carrosserie polyester est légère mais n’offre pas la même rigidité que le métal : l’ajustement des ouvrants n’atteint pas l’excellence de fabrication des Porsche et la clientèle rechigne à payer plus cher une voiture moins bien finie. Commercialement, l’Apal 1600 GT fut un échec. Sa production est stoppée en 1965.
APAL HORIZON GT, LE BAROUD D’HONNEUR
En 1968, Edmond Péry tente un retour sur le marché avec la très radicale Horizon GT. La ligne est impressionnante, avec un habitacle doté d’un toit Targa et d’un immense pare-brise panoramique. L’avant de la voiture n’est pas sans rappeler la Porsche 904. Excusez du peu …
Mais l’arrière est taillé à la serpe et la mécanique est le 1700cc du combi Volkswagen développant 70cv, ce qui casse très vite le charme … Seuls 10 exemplaires seront fabriqués.
L’INCENDIE DE 1969
L’usine APAL de Liège subit un incendie majeur en 1969. Nombre des archives disparaissent dans l’incendu et l’entreprise est au bord de fermer ses portes. Cependant, Péry et une partie de ses employés reconstruisirent l’usine. Ils se concentrèrent sur le marché des buggys, très populaires en Europe jusqu’à la fin des années 1970. Puis viendra le temps des répliques de Speedster Porsche, toujours sur base du châssis et du moteur de la Coccinelle, dont le californien Intermeccanica cèdera la licence à APAL. Environ 700 Speedster Apal seront construits.
APAL stoppe ses activités de construction automobile au milieu des années 90 mais conserve un atelier consacré à l’entretien et la rénovation de ses anciennes productions, jusqu’à la faillite prononcée en 2008.
L’APAL GT 1600 COUPÉ AUJOURD’HUI.
Avec 150 coupés produits dont seulement 30 en version « Porsche », l’Apal coupé 1600 GT est une rareté absolue. Mais moins qu’une 356 Carrera Abarth néanmoins ! Les quelques exemplaires qui sortent passent essentiellement par les maisons d’enchères capables de leur donner une visibilité internationale.
L’Apal GT 1600 intéresse essentiellement les passionnés qui ne se satisfont pas d’une Porsche 356 trop « conventionnelle ». Mais les versions à moteur VW ne sont pas inintéressantes du tout et offrent de belles performances grâce à leur poids contenu.






