lundi 30 mars 2026

CLUB5A - REVUE DE PRESSE - Contrôle technique tous les ans pour les "vieilles" voitures : faut-il serrer la vis avec les Français ?

 

La modification de la directive sur le contrôle technique au niveau européen s'est heurté en fin d'année dernière aux votes de la Commission européenne qui a rejeté le projet de modification visant à rendre obligatoire le contrôle technique tous les ans pour les véhicules légers de plus de 10 ans, dont le taux de contre-visite monte en flèche. L'organisme français Mobilians rappelle, chiffres à l'appui, qu'une annualisation du contrôle serait bénéfique pour améliorer la sécurité sur la route. Pour autant, les chiffres sont-ils vraiment réellement alarmants en 2025 ? Alors que le carburant occupe tout l’espace médiatique avec des prix à la pompe en fulgurante hausse ces dernières semaines, voilà une douloureuse évitée qui aurait pu faire déborder le vase des automobilistes. Le contrôle technique est actuellement fixé tous les deux ans à partir de la quatrième année de mise en circulation pour les véhicules légers M1. S’agissant des utilitaires (N1), il faut y ajouter le fameux contrôle pollution annuel auquel échapperaient nombre de propriétaires de ces VUL selon Mobilians : « Or, alors qu’ils ont été près de 2,8 millions à passer leur contrôle technique réglementaire en 2024, ils ont été à peine plus de 46% à passer leur contrôle complémentaire pollution en 2025 (1 273 712 de contrôles complémentaires pollution). Cette tendance s’accroît depuis plusieurs années, aucune mesure n’étant venue enrayer ce phénomène, permettant ainsi à ces véhicules de continuer d’éviter ce contrôle obligatoire ».
 L’organisme français, qui défend le secteur automobile professionnel en France et donc les intérêts du contrôle technique, n’a jamais caché sa position en faveur d’une annualisation du contrôle technique pour les véhicules particuliers de plus de 10 ans, et d’un contrôle accru. Pour l’heure, l’Europe ne suit pas. Le prochain épisode aura lieu le mois prochain, quand le Parlement évaluera à nouveau la proposition de révision de la directive sur le contrôle technique. 
 La Commission a dit non au contrôle annuel En fin d’année dernière, la commission des affaires européennes a voté à l’unanimité contre la proposition phare de passer le contrôle en annuel pour tous les véhicules de plus de 10 ans en Europe. Si ladite commission « soutient les objectifs de révision » du paquet « contrôle technique », elle dit s’opposer à la mesure : « la commission des affaires européennes est très vigilante s’agissant de la faisabilité et de l’acceptabilité sociale des mesures envisagées. Ces mesures devront ainsi être strictement proportionnées au regard des coûts opérationnels et financiers qu’elles impliquent pour les services de l’État, pour les entreprises du secteur et surtout pour les automobilistes qui, in fine, supporteront la charge de ces évolutions. Trois points méritent plus particulièrement d’être soulignés ». Des chiffres catastrophiques au contrôle technique ? « De 7 à 10 ans, le taux de CV culmine à près de 20% et s’envole pour les plus de 10 ans à près de 30% (dont 1 à 2% en critique) », rappelle Mobilians. Des chiffres réels, que l’on retrouve dans le bilan annuel du contrôle technique. 
Mais sont-ils exceptionnels ? Pas vraiment. Ils sont même en amélioration puisque les défaillances critiques étaient à 1,4 % en 2023, puis 1,2 % en 2024 et 1,0 % en 2025. Le taux de défaillances augmente effectivement sensiblement sur la tranche d’âge de plus de 10 ans, mais cela doit-il conduire les autorités à annualiser le contrôle technique pour ces véhicules, alors que le parc automobile français ne cesse de vieillir (13,3 ans en moyenne en 2025) ? Le ministère des Transports français s’y oppose, comme l’ADAC et d’autres entités européennes. Surtout, dans le détail, on observe que la défaillance critique la plus fréquemment constatée concerne l’éclairage, et tout particulièrement la défaillance du feu stop qui est une des rares catégorisées de « critique » dans la catégorie éclairage. La seconde défaillance importante la plus fréquemment relevé est l’état dégradé des pneumatiques (entaillés, mauvais montage). Enfin, signalons que le contrôle technique va tout de même évoluer dans les années à venir 
Source : automobile-magazine.fr - Merci Françoise Pally-Guillaume pour le suivi de l'info..