Les vacations californiennes de voitures de collection ont atteint des niveaux record. Passer la publicité C’est presque indécent. Toujours très attendues même si elles ont une valeur relative - le marché américain étant désormais difficilement comparable à celui du Vieux contient -, les ventes aux enchères organisées durant la semaine de Monterey, en marge du concours d’élégance de Pebble Beach, ont généré un chiffre d’affaires de plus de 600 millions de dollars. Cette année encore, les plus grands acteurs de ce marché se sont succédé durant cette semaine folle : RM Sotheby’s, Gooding Christie’s, Bonhams, Mecum mais aussi Broad Arrow. Plusieurs centaines de véhicules ont défilé sous le marteau. RM Sotheby’s a réalisé un chiffre d’affaires impressionnant de 380 millions de dollars, réparti sur trois ventes. Quant à son concurrent, Gooding Christie’s, il a adjugé pour 159 millions de dollars de voitures.
Surprise : l’enchère la plus élevée de la semaine est revenue au coupé Cobra Daytona de 1964. À 42,905 millions de dollars, la berlinette de course devient non seulement la voiture américaine la plus chère au monde mais dépasse même de 4 millions de dollars l’enchère atteinte en janvier par la Ferrari 250 GTO châssis 3729 GT. Selon les amateurs, cette somme mirobolante serait justifiée par la rareté du modèle - seulement six unités produites - et par ses succès dans le championnat du monde des Marques et aux 24 Heures du Mans en dépit de moyens limités. Au pays de l’oncle Sam, les légendes américaines font visiblement rêver puisque la Chevrolet Corvette Grand Sport préparée par l’usine pour la compétition a dépassé les 18 millions de dollars.
Le coupé Daytona mais également la Corvette apparaissent comme un pavé dans la mare des Ferrari car les ventes ont, une nouvelle fois, consacré la domination de la firme de Maranello sur le marché des enchères. Mis à part les 18,705 millions de dollars déboursés pour la barquette 250 P de 1963 châssis 0810 arrivée troisième aux 24 Heures du Mans 1963, les enchères les plus élevées sont revenues à des modèles récents appartenant à la série des supercars.
L’enchère la plus élevée côté Ferrari est même allée à un modèle pas encore dans le commerce. C’est un épiphénomène : le prototype de la Luce, la première Ferrari électrique de l’histoire a enregistré un record à 40 millions de dollars. Une pure folie pour la majorité des connaisseurs. En réalité, il ne faut pas y voir autre chose que la générosité d’un philanthrope américain de près de 90 ans qui a fait fortune dans les produits optiques. Le produit de la vente a été entièrement versé à la Fondation Ferrari et va servir à financer des initiatives éducatives. Une bonne opération pour l’acheteur, un certain Herbert Wertheim, qui allait pouvoir défiscaliser une grande partie de la somme déboursée. Par ailleurs, la tendance se confirme davantage à chaque vente : les modèles exclusifs les plus récents de Ferrari affichent des scores impressionnants. Faisant partie d’une série de 599 + 1 exemplaires, la Daytona SP3 de la vente RM Sotheby’s a atteint 17,825 millions de dollars. Arrive ensuite la Ferrari F50 jaune de la maison Mecum. Cet exemplaire s’est apprécié 14,575 millions de dollars. Un nouveau record pour ce supercar produit à seulement 349 unités en 1995.
C’est encore Mecum qui détient le record à Monterey pour une Enzo de 2002 avec une enchère de 12,1 millions de dollars. Elle devance de peu le premier modèle de la série des supercars italiens, la 288 GTO. Celle de RM Sotheby’s a atteint 11,555 millions de dollars. On notera que la F40 cale sous les 10 millions de dollars. Non seulement le deuxième supercar de la série a été produit à plus de mille unités mais en plus, c’est le plus délicat à conduire et celui qui demande le plus d’entretien, surtout s’il a peu roulé.
En dehors des Ferrari, d’autres véhicules ont atteint des sommets. C’est le cas de la McLaren F1 GTR ayant appartenu à Nick Mason, le batteur des Pink Floyd. Un amateur de la GT n’a pas hésité à débourser 34,655 millions de dollars pour une déclinaison routière de la sœur de la voiture victorieuse au Mans en 1995. Chez Porsche, c’est l’une des cinquante-cinq 911 Carrera RS 3,8 de 1993 qui a déchaîné les passions. D’origine allemande, l’exemplaire proposé n’avait parcouru que 8 117 kilomètres depuis sa sortie de l’usine. Présenté dans un état irréprochable, il a été vendu 2,04 millions de dollars. Les regards sont désormais tournés en direction des dernières ventes de l’année, notamment celle que Gooding Christie’s organise à New York pour le premier Rétromobile américain de l’histoire.
Source : lefigaro.fr - Merci DAVID SARDA pour le suivi de l'info...



