vendredi 10 avril 2026

CLUB5A - EPHEMERIDE - Aujourd'hui le 10 avril . Ce jour-là en 2012 disparaissait Raymond Aubrac résistant français. Retour sur la voiture emblématique de la résistance..

 

Née en 1934, la reine aux chevrons fête cette année ses 80 ans. Réquisitionnée par la Gestapo et l'armée allemande durant l'Occupation, elle reste la voiture symbole de la Résistance. 
 En 1934, elle est en avance sur son temps. Merveille de technologies, elle affiche des qualités routières exceptionnelles pour l'époque. Conçue par André Citroën, c'est la première voiture de série avec les roues avant motrices. 
Une auto révolutionnaire. Jugez plutôt : une ligne aérodynamique, une caisse autoporteuse sans châssis rapporté, une suspension à roues indépendantes, des freins hydrauliques. Le tout, pour un prix de base de 17 700 anciens francs, soit deux ans de salaire d'un ouvrier à l'époque. Une somme pour une bête de somme robuste, au confort et à la tenue de route exemplaires, et qui vous propulse à la vitesse de pointe de 135 km/h. À l'opposé de la 2 CV, ce parapluie sur pneumatiques qui dort encore dans les cartons des ingénieurs de la marque aux chevrons ! 
 759 123 exemplaires La fiabilité de la Traction Avant, construite à Paris, contribue à sa popularité au-delà de l'Hexagone. Elle sort aussi des chaînes de montage de Forest en Belgique, de Slough en Angleterre, ou encore de Cologne, en Allemagne. L'Europe industrielle avant l'heure alors que l'Europe des peuples se déchire sous ses yeux. Déclinée en plusieurs versions, la 7, la 11 et la 15, selon les chevaux fiscaux, la reine de la route, en coupé, cabriolet, commerciale ou familiale, sait avaler les kilomètres sans broncher. Comme les grosses couleuvres. 
La Gestapo ou l'armée allemande la réquisitionnent durant l'Occupation. Passée à l'ennemi, la mythique voiture va vite se lancer dans la Résistance. Au propre comme au figuré. Pas question pour nombre de Français de s'en défaire. Certains la cachent dans une grange. D'autres l'emmurent ou l'enterrent au fond d'un jardin en prenant soin de l'entourer de papier gras après démontage du moteur. 
 Alors que la production s'arrête pendant la Seconde Guerre mondiale, dès la fin de 1942, la Traction regagne du terrain grâce aux résistants, à l'épopée des Forces françaises de l'intérieur (FFI). La « belle de Javel », dessinée par l'italien Flaminio Bertoni, devient une icône. L'un des symboles de la France au point de faire partie intégrante du paysage d'après-guerre jusqu'à l'arrêt du modèle en 1957. 759 123 Tractions auront été construites en vingt-trois ans. Voiture des bourgeois et des... gangsters, des grands de ce monde et de l'Élysée, il en reste aujourd'hui 10 000 en « vie ». Plus qu'une autre, cette voiture de collection appartient à l'Histoire. 

Raymond Aubrac, né Raymond Samuel le 31 juillet 1914 à Vesoul et mort le 10 avril 2012 à Paris, est un résistant français à l'Occupation nazie et au régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale. Ingénieur civil des ponts et chaussées (promotion 1937), il est spécialement connu pour s'être engagé avec son épouse Lucie Aubrac dès 1940 dans la Résistance intérieure française. Sous le pseudonyme Aubrac, aux côtés d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie, il participe, dans la région lyonnaise, à la création du mouvement Libération-Sud, plus tard intégré dans les Mouvements unis de la Résistance (MUR) dont le bras armé fut l'Armée secrète : Aubrac y secondera le général Delestraint. À la Libération, il est nommé commissaire de la République à Marseille, puis responsable du déminage au ministère de la Reconstruction.
 Compagnon de route du PCF, il crée ensuite BERIM4, un bureau d'études investi dans les échanges Est-Ouest avant de devenir conseiller technique au Maroc et fonctionnaire de la FAO. Ami d'Hô Chi Minh depuis 1946, il est sollicité par Henry Kissinger pour établir des contacts avec le Nord Viêt Nam, pendant la guerre du Viêt Nam entre 1967 et 1972. 
 À la fin de sa vie, il s'engage en faveur des droits des Palestiniens et adhère à l'Union juive française pour la paix.
 Source : Pierre CAVRET-paris.maville.com/