La chaleur extrême accélère l’usure de composants clés dans les voitures, souvent sans signe visible immédiat, laissant prospérer des dégradations difficiles à détecter pour les automobilistes. L’épisode de chaleur extrême que traverse la France depuis une semaine abîme les véhicules en silence, souvent sans que leurs propriétaires s’en doutent.
« Une voiture peut paraître impeccable à l’extérieur alors que certains composants ont commencé à vieillir prématurément à cause de la chaleur », prévient Moundyr Gainou, directeur France de carVertical, plateforme spécialisée dans l’historique des véhicules d’occasion. Ce que l’on voit, un tableau de bord chaud à s’en brûler les mains par exemple, n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Sous le capot, la batterie est l’un des composants les plus fragilisés par la chaleur.
Au-delà de 30°C, les réactions chimiques qui lui permettent de stocker et de restituer de l’énergie s’accélèrent anormalement. L’électrolyte, le liquide qui conduit le courant entre les électrodes, s’évapore plus vite, réduisant la capacité de la batterie à maintenir une charge. Pour une voiture thermique, cela se traduit par un démarrage de plus en plus laborieux, jusqu’à la panne franche. Du côté des véhicules électriques, c’est l’autonomie qui recule progressivement, parfois de plusieurs dizaines de kilomètres.
Des dégâts goutte à goutte
Les joints en caoutchouc subissent le même sort.
Les joints des portes, des vitres peuvent se craqueler visiblement. Mais ceux qui entourent le moteur, autour des durites ou des raccords d’huile, sont soumis aux mêmes températures sans jamais être inspectés. Lorsqu’ils se détériorent, ils laissent fuir l’huile ou le liquide de refroidissement, parfois en quantités infimes au début. Quelques gouttes sous le véhicule au retour des vacances, c’est souvent le premier signe que la chaleur a fait son travail depuis plusieurs semaines. « Ce ne sont pas forcément des dégâts spectaculaires, mais ils accélèrent le vieillissement du véhicule et peuvent peser sur sa valeur au moment de la revente », relève Moundyr Gainou.
Les pneus posent un problème plus immédiat. Pour chaque tranche de dix degrés supplémentaires, la pression à l’intérieur des pneumatiques augmente d’environ 0,1 bar. Un pneu gonflé correctement le matin par temps frais peut donc se retrouver surgonflé en milieu de journée par 40°C, provoquant une usure irrégulière de la bande de roulement, plus marquée au centre que sur les côtés. Cette anomalie ne se voit pas facilement et conduit souvent à un remplacement prématuré des quatre roues, sans que le propriétaire ait jamais fait le lien avec la canicule.
Poser les bonnes questions
Sur le marché de l’occasion, ces dégâts invisibles peuvent poser problème.
Un acheteur qui examine une voiture de l’extérieur n’a pas les armes pour détecter une batterie affaiblie, des joints internes fragilisés ou une usure irrégulière des pneus. « On parle souvent du kilométrage ou du nombre de propriétaires, mais on oublie que le climat auquel une voiture a été exposée fait aussi partie de son histoire », résume Moundyr Gainou.
Pour se prémunir, l’acheteur possède quelques leviers, à commencer par des questions simples à poser : la voiture dormait-elle dehors ou à l’abri ?
A-t-elle été souvent exposée au soleil ?
La batterie a-t-elle été testée récemment ?
Le véhicule a-t-il connu des alertes de surchauffe ou des appoints fréquents en liquide de refroidissement ou en huile ?
Autant de vérifications qui peuvent faire la différence entre une bonne affaire et un véhicule fragilisé.
Source : lefigaro.fr - Merci DAVID SARDA pour le suivi de l'info...




