mercredi 19 août 2026

CLUB5A - EPHEMERIDE - AUJOURD'HUI LE 19 AOUT - CE JOUR LA EN 1923 LE PILOTE AUTOMOBILE A.DUCREUX DANS SES OEUVRES !!

 

A. Ducreux sur cyclecar Peugeot 750cc..c'était le 19 août 1923..
Durant l’entre-deux-guerres en Europe, l’industrie automobile connaît un développement sans précédent qu’accompagne l’essor du sport automobile. Le nombre de pilotes augmente considérablement, de même que celui des compétitions où ils s’affrontent, dont l’ampleur va croissant. Une réglementation européenne se met progressivement en place, des autodromes font leur apparition, des « départements course » sont créés par les industriels les plus ambitieux en matière de sport, qui emploient les meilleurs pilotes afin qu’ils défendent leurs couleurs.
 C’est ainsi qu’émerge progressivement un espace de compétition sportive à l’échelle européenne. 2La compétition automobile est alors à la fois un spectacle populaire gratuit ou bon marché, très fréquenté, et un événement sportif mondain où les pilotes rencontrent des industriels, de riches touristes, des banquiers et des têtes couronnées, des vendeurs d’huile de moteur ou de pneus, des investisseurs susceptibles de les sponsoriser, des concessionnaires et des garagistes, des édiles politiques et des journalistes. Les pilotes évoluent au milieu de ce monde bourgeois hétéroclite et constituent, progressivement, un groupe autonome et médiatisé. On s’intéressera ici aux modalités de pratique et d’emploi des pilotes de course, large spectre qui va des indépendants aux pilotes d’écuries salariés par les constructeurs automobiles.
 Leurs mobilités, le déroulement et les étapes de leurs carrières, leurs formes diverses de rémunération déterminent et révèlent une pluralité de situations que ne rendent que très imparfaitement les catégories de l’amateur et du professionnel. À ces différentes situations correspondent des rapports différenciés au véhicule et au sport automobile. La raison d’être et le fonctionnement de ce dernier font qu’il s’inscrit au-delà des frontières nationales. C’est dans un cadre européen que ses pratiquants se meuvent, que circulent les informations et que s’appliquent des règles qui ne sont pas les mêmes qu’aux États-Unis, l’autre grand pôle de l’industrie et du sport automobiles. Nous mobiliserons par conséquent ici la notion d’espace européen, au sens géographique d’un territoire où se déploie la pratique. 
Le sport automobile est aussi marqué par le rôle prédominant et le poids croissant des constructeurs : ce sont eux qui organisent les premières courses et les premiers circuits permanents au milieu des années vingt, eux encore qui présentent en compétition leurs innovations industrielles et imposent aux pilotes qu’ils emploient leurs conditions de travail. Notre étude se fonde sur l’analyse approfondie d’une course organisée annuellement près de Reims, le Grand Prix de la Marne, qui nous est apparue comme un des nombreux pôles du vaste circuit automobile européen.
 Nous avons pu en dégager les traits principaux par l’étude de documents administratifs et de délibérations politiques (autorisations, subventions, règlements préfectoraux), en faisant un relevé des noms des courses, des voitures et des pilotes à partir d’archives de l’Automobile Club de France (ACF) et de la presse de l’époque, qu’elle soit institutionnelle, généraliste ou spécialisée. 
Des archives de seconde main et des sources très diverses (correspondances, livres de bord et (auto)biographies, films d’époque, guides touristiques et documentaires), nous ont permis de donner chair et de faire revivre le groupe des pilotes automobiles européens. Un ensemble cohérent se dessine à travers les trajectoires personnelles variées de ces jeunes hommes projetés dans un espace européen ouvert et en perpétuelle mutation : les pilotes prennent de la vitesse et des risques sur la route, mais aussi en signant leurs contrats.
Source : cairn.info/