Claude a attendu 2014 et d’avoir une bonne cinquantaine d’années pour réaliser son rêve avec ce coupé Alfa Romeo Giulia Bertone 2000 GTV de 1973. Pratiquement à l’état du neuf, il a été entièrement restauré en 2008 : moteur, carrosserie, freins, suspension et intérieur par son précédent propriétaire. Il totalise 130 000 km et guère plus de 10 000 depuis sa restauration. Au vu de son état exceptionnel, on peut estimer sa valeur à 30 000 euros.
Il a accueilli plusieurs motorisations s’articulant du 1300 cm3 jusqu’au 2 litres en passant par le 1600 et 1750 cm3. Lancée en juillet 1971, l’ultime 2000 est la version la plus achevée de la saga des Alfa. Son double arbre 2 litres qui délivrait 132 chevaux, l’entraînait à 195 km/h. C’était déjà une fin de race. Après 10 ans d’existence, on commençait à lui reprocher son essieu arrière rigide qui se dandinait trop et, esthétiquement, la hauteur excessive de ses flancs qui la dataient. Fait amusant, 40 ans après, avec la mode aux flancs épais popularisés par Audi, le coupé GTV (pour Véloce) n’est plus daté. Il est simplement hors du temps comme tous les chefs-d’œuvre.
Tout est dessiné pour le plaisir de l’œil, du beau volant tulipé en bois, des petits cadrans et monomètres écrits en italien, du levier qui jaillit du plancher juste sous la paume de ma main, du dessin de la planche de bord en bois. Dans la hiérarchie des GTV, on s’accorde à trouver la 1750 esthétiquement plus pure surtout au niveau de la sublime planche de bord à console centrale suivi de près par la 2000 et après par la 1600. Esthétiquement, la 2000 se reconnaissait de la 1750 par sa calandre striée, ses butoirs et feux arrière plus imposants. Chaussée de jantes en alliage optionnelles plus larges (185X14), la 2000 GTV de Claude, dégage une sensuelle agressivité.
Bien sûr, une Alfa Romeo c’est d’abord un moteur ; un superbe bloc tout en alliage léger à double arbre à cames en tête qui a motorisé toutes les Alfa pendant 30 ans. Gavé par une double paire de carburateurs d’un diamètre de 40, il ne manque pas de hargne et surtout, de ses entrailles, sourd une superbe sonorité métallique reconnaissable entre mille. Une belle mécanique qui a délivré plus de 200 ch sur les versions course GTam à ailes ventrues qui étaient spectaculaires à voir évoluer en circuit où elles levaient leur roue avant extérieure. Une balade au coté de Claude m’a rappelé que ne n’avais pas essayé un coupé Alfa depuis 25 ans.
Et Quelle Alfa ! Avec une version GTA (allégée) toute en aluminium, poussé à 160 chevaux (moteur double allumage) qui avait appartenu au grand pilote Alfa, Jean Rolland. Elle m’a aussi rappelé que j’avais rêvé d’une 1750 quand j’avais 20 ans. Grace à Claude, j’ai aussi remis les pieds dans ceux de mon adolescence. Merci. Source : Par Patrice Vergès.petites-observations-automobile.com/-edgar48236





