lundi 11 février 2019

CLUB5A - VOITURE DE LÉGENDE - La Mini, 60 ans et toujours séduisante !!

Célébrée lors du salon Rétromobile, qui se tient du 6 au 10 février, à Paris, la Mini a transformé le rapport à la voiture. Cette petite auto a réalisé nombre de tours de force, dont le dernier, il y a dix-huit ans, en devenant une marque à part entière. Cela devait arriver : la voiture du Londres des swinging sixties est sexagénaire. Apparue en 1959, la Mini, objet d’un hommage appuyé à l’occasion du salon Rétromobile (à Paris, du 6 au 10 février) qui célébrera aussi le centenaire de Citroën, est un repère central dans l’histoire de l’automobile. Cette petite auto dont 5 millions d’unités furent produites jusqu’à 2000 a réalisé nombre de tours de force, dont le dernier il y a dix-huit ans en se réinventant pour devenir une marque à part entière. 

Bref, elle peut se targuer d’avoir cumulé les intuitions, sur le plan technique comme sociologique. Bouleverser l’architecture Concepteur de la Mini, ce qui lui vaudra d’être anobli, Sir Alec Issigonis (1906-1988) suit une idée-force qui, à la fin des années 1950, paraît contre-intuitive pour une petite voiture. Au lieu de loger le moteur à l’arrière, comme une 4 CV ou une Fiat 500, il l’installe à l’avant et en position transversale. Pour gagner encore de l’espace, la boîte de vitesses est glissée sous le quatre-cylindres et les roues repoussées à chaque coin de la carrosserie. Cette architecture optimise l’espace dévolu aux occupants tout en préservant du volume pour le coffre. Résultat : la Mini ne mesure que 3,05 m mais elle accueille correctement quatre personnes. 

Progressivement, toutes les petites voitures vont se convertir à cette approche. Créer un design intemporel Les dirigeants de British Motor Corporation ne sont guère rassurés par le style de la future Mini. Discrètement, ils consultent donc Battista Pinin Farina. Sa réponse est sans équivoque : « Ne changez rien, elle est parfaite. » Le maestro ne s’est pas trompé. Equilibrée, à la fois rondelette et carrée, cette voiture est inimitable et intemporelle. 

C’est sans doute ce qui explique qu’elle ait cultivé son statut de fashion victim pendant quarante ans. Proposer un jouet pour adultes Avant la Mini, on ne prend pas vraiment les petits modèles au sérieux. Ils sont certes attendrissants et bon marché mais imposent beaucoup de sacrifices en termes d’agrément de conduite. La petite anglaise déjoue ce genre de préjugés. Son architecture de traction, sa légèreté, sa vaillante mécanique et ses porte-à-faux réduits lui garantissent une tenue de route exceptionnelle et un comportement de kart qui ravit ceux qui prennent son volant. 

Cette voiture est tellement réactive que l’on fait corps avec elle, même à 20 km/h dans un parking. Bichonnée par le préparateur John Cooper, qui donnera son nom aux versions les plus musclées, la Mini a aussi remporté trois fois le Monte-Carlo dans les années 1960. Jouer le caméléon consensuel Lors de son lancement, l’Austin Mini se présente comme un véhicule populaire, destiné aux familles (il y a soixante ans, une voiture d’à peine trois mètres de long n’avait rien de rédhibitoire lorsque l’on avait des enfants à transporter). 

Son prix, jugé trop élevé, ralentit un temps son envol commercial mais elle s’impose comme une voiture moderne et furieusement à la mode, d’autant que s’en sont entichés la princesse Margaret et les Beatles (résolument psychédélique, celle de George Harrison apparaît dans The Magical Mystery Tour). 
La Mini s’est toujours inscrite dans le registre du consensus et d’un certain bon goût. Contrairement à d’autres alter ego des « trente glorieuses » comme la 2 CV, la Coccinelle ou la 4L, elle n’a pas affiché un tempérament de contestataire. La Mini a conquis l’Europe, en particulier la France, dont les banlieues chics en ont fait un attribut du vrai chic anglais, et l’Italie où elle fut fabriquée sous licence par Innocenti. 

A rebours de l’Hillman Imp ou de la Rover 100 qui n’ont guère brillé à l’export. Se transformer Le succès de la Mini originelle s’est prolongé avec de multiples variantes. Il y eut la Wolseley Hornet et la Riley Elf, versions bourgeoises reconnaissables à leur petite moustache chromée, des fourgons tôlés (mais toujours élégants), le classieux break Countryman avec ses montants en bois ou encore la Mini Marcos, promise aux circuits. 
Mention spéciale à la Mini Moke, issue d’un projet de véhicule tout-chemin abandonné par l’armée britannique, reconverti en une charmante voiture de plage, à la façon Citroën Méhari. Assumer son urbanité Illustration des vertus de ce que l’on appelle aujourd’hui le downsizing, la Mini n’est pas une petite voiture par défaut mais par vocation. Elle a été conçue ainsi pour répondre aux nouveaux défis de l’époque, comme la crise de Suez de 1956 qui a poussé à la conception de modèles plus économes, mais aussi l’explosion de l’urbanisation. Cette voiture facile à garer et qui se faufile dans les encombrements convient parfaitement aux contraintes du trafic urbain car elle vise une clientèle résidant principalement en zone dense. Imposer le néorétro Les choses avaient mal commencé. 

En 1959, la petite voiture conçue par Alec Issigonis est lancée sous deux appellations (Austin Seven et Morris Mini Minor), ce qui ne va pas contribuer à lui donner une identité très claire. Elle s’en remettra. En revanche, lorsque BMW, qui a racheté la marque en 1994, lance la Mini de deuxième génération, en 2001, la stratégie marketing est un vrai plan de bataille. La marque bavaroise avance une double analyse. La première est que la demande de petits modèles « premium » va exploser, principalement sous l’influence des classes moyennes supérieures. L’autre est que le design néorétro va exercer un fort impact auprès des 30-50 ans sensibles à la nostalgie de leurs vertes années. 

La nouvelle Mini, certes moins innovante que le modèle d’origine, est dessinée avec fidélité mais efficacité afin d’éviter le piège de la reconstitution historique dans lequel était tombée la New Beetle de Volkswagen. Son succès est tel qu’elle constitue aujourd’hui une marque à part entière au côté de BMW. Faire aimer ses défauts C’est une curieuse manie ; le propriétaire d’une ancienne Mini parle toujours avec des trémolos dans la voix des défauts de sa protégée. La petite Austin déteste l’humidité (le soubassement rouille et les circuits électriques éternuent), freine comme un fer à repasser et sa boîte de vitesses se trouve affectée d’une faiblesse congénitale. Elle est notoirement inconfortable à cause de ses microsuspensions et impose une position de conduite anti-ergonomique au possible car son pédalier n’est pas dans l’axe du volant. 

Et les places arrière ? Elles ne sont pas ridicules mais s’y faufiler est une punition. Il ne faut voir dans cet étalage nul masochisme mais une déclaration d’amour adressée à une voiture à nulle autre pareille dès qu’il s’agit de tisser des liens de complicité – voire d’affection sincère – avec son propriétaire. Source : lemonde.fr - Merci DAVID SARDA pour le suivi de l'info...Van den Bliek Adrien