C'est à l'origine un constructeur de voitures dont il cessera la fabrication en 1939.
Il devient alors exclusivement un constructeur de véhicules industriels. Sous la pression des pouvoirs publics, la société devient filiale de la Régie Nationale des Usines Renault en décembre 1974, absorbe en 1978 Saviem (Société anonyme de véhicules industriels et équipements mécaniques), filiale depuis 1955 de la RNUR, prend le nom de Renault Véhicules Industriels (RVI) en 1978.
Les deux marques disparaissent au profit de Renault en 1980. RVI est vendu au groupe AB Volvo en 2000; en 2002, la nouvelle raison sociale est Renault Trucks.
Marius Berliet ( 21 janvier 1866 - 17 mai 1949), fils aîné d'un "canut" qui a sept enfants, construit son premier moteur en 1894 et sa première voiture en 1895 dans un appentis de la maison familiale. En 1899, il s'installe comme " constructeur automobile " 56 rue Sully sur 90 m2, puis rue Michel Perret sur 450 m2. En 1902, il reprend l'activité du constructeur lyonnais Audibert & Lavirotte dans le quartier de Lyon - Monplaisir : 250 personnes et 5 000 m2 couverts. Il commence la construction de modèles dotés de moteur à 4 cylindres avec radiateurs à nid d'abeille et basés sur des cadres en acier. Il lance en 1904 une gamme de trois voitures de 22 à 60 ch. Le 1er juillet 1905, American Locomotive Company (ALCO) qui souhaite se diversifier dans l'automobile choisit Berliet en raison de la simplicité, de la robustesse et de la puissance de ses produits.
Elle signe, pour une durée de trois ans, l'acquisition de la licence de fabrication de trois voitures Berliet (20, 40, 60 HP) moyennant le versement comptant de 500 000 francs or, de la fourniture de pièces coulées et forgées, la construction d'une usine dans l'État de Rhode Island et le paiement de royalties. Cette manne financière permet à Marius Berliet d'agrandir les bâtiments de l'usine de Monplaisir, d'investir dans des équipements industriels et des installations commerciales et après-vente.
En 1907 est déposé l’emblème de la marque Berliet, la locomotive chasse-buffle remplaçant les initiales MB entrelacées et qui, stylisé à plusieurs reprises, subsistera jusqu'en 1980.
La participation de voitures Berliet à de nombreuses compétitions en France et à l'étranger vient de l'engagement de propriétaires privés sur des voitures de série. Marius Berliet exprime sa position à l'égard de la course :« Nous ne sommes pas des constructeurs de monstres. Nous construisons des voitures normales, harmonieuses dans leurs lignes et dans leurs organes, équilibrées dans leur puissance et leur solidité, des êtres sains en un mot. ».
Pourtant, des voitures de la marque, entre 1904 et 1912, remportent de retentissants succès parmi lesquels : La Coupe du Forez gagnée par Plattier en avril 1905, le Concours de Tourisme de l'Automobile Club de Touraine en mai 1906 (sur trois journées, avec une 40 hp), 3e place pour Paul Bablot à la Targa Florio en 1906, 2e place du Graphic Trophy sur l'Île de Man pour Paul Bablot encore en 1906, deux premières places à des pilotes anglais au Graphic Trophy de 1907, première place au Grand Prix de La Havane 14 en 1909, la Coupe Vanderbilt aux États-Unis remportée par Harry Grant sur une voiture Alco licence Berliet en 1909 et 1910, Julius Beutler, premier au rallye de Monaco en janvier 1912.
En 1907, sortent deux types de voiture dotés de moteurs 4 cylindres ou 6 cylindres, d'une puissance de 12 à 60 HP 17 que de luxueux catalogues 18 présentent en plusieurs langues; en 1908 les modèles de 14 à 22 HP sont proposés avec transmission à chaînes ou cardans, ceux de 40 à 60 HP restant à chaînes.
200 voitures sont fabriquées dans l'année. En 1909, le marché des grosses voitures se réduisant, des modèles de 8 à 22 HP à cardans silencieux sont lancés. En 1911, sort la série des AM dotées d'un moteur 4 cylindres de 12 HP ou "15 HP léger".
En 1913, 3 500 voitures sont fabriquées. En 1907, le premier camion, type L est réceptionné au service des Mines.
Il est doté d'un moteur à essence de pétrole de 4 cylindres verticaux 100 × 120, d'une transmission par le système dit " trains balladeurs ", de deux freins métalliques sur le différentiel et deux freins métalliques à sabots extérieurs sur les roues motrices, d'une direction à vis et de roues en bois cerclées de caoutchouc ou de fer pour la version 2,5 tonnes et de fer pour celle de 5 tonnes.
Au régime de 800 tours par minute, le moteur autorise une vitesse de 14,6 km/h en palier.
En 1909, le camion de type M 22 HP, charge utile de 3,5 tonnes est lancé.
Les concours militaires organisés par le Ministère de la Guerre à partir de 1909 attribuent une prime à l'acheteur d'un camion qui a satisfait aux épreuves d'endurance en contrepartie de la réquisition du véhicule et du chauffeur en cas de mobilisation. Les camions Berliet - ainsi que ceux de marque de Dion-Bouton - sont les seuls à être primés chaque année.
Ils sont reconnus simples, robustes et économiques. Le modèle Berliet CBA, réceptionné au Service des Mines en 1913 pour 3 tonnes de charge utile est doté d'un cadre châssis en lame d'acier emboutie, d'un moteur 4 cylindres 110 × 140 coulés par paires, de 5,3 litres de cylindrée, d'une puissance de 25 HP à 1 200 tr/min, d'une boîte 4 vitesses AV et AR, de roues en bois cerclées de caoutchouc.
Source : DEXPER3330







