samedi 17 octobre 2026

CLUB5A - VOITURE DE LÉGENDE - LA D.S CHAPRON LE DANDY ...LA FINITION PRESTIGIEUSE DE MR HENRI CHAPRON !!

La première Citroën faillit être une grosse voiture à moteur sans soupapes (le prototype deviendra... la Voisin) mais André Citroën préféra s'orienter vers un modèle plus populaire, livré complet (avec démarrage et éclairage électriques) et destiné à atteindre des cadences "américaines". De fait, la production passa de 2.500 unités en 1919 (sur 6 mois) à plus de 20.000 en 1920. Au fil des années, la firme de Javel se signalera par ses audaces techniques et surtout commerciales, en particulier la généralisation de la traction avant sur toute sa gamme, ce qui lui assurera la fidélité quasi inébranlable de sa clientèle. Au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, l'activité du carrossier Henri Chapron se réduit avec l'inéluctable déclin des marques pour lesquelles il produisait des carrosseries spéciales, comme Delahaye ou Delage. 
Aussi l'arrivée de la Citroën DS est-elle perçue comme une occasion salutaire : outre ses qualités techniques et son confort exceptionnel, elle présente le prestige et le statut qui répondent à ce que l'on attend d'une carrosserie artisanale. Ainsi, dès 1958, Henri Chapron propose ses cabriolets et coupés auxquels il attribuera en fonction des versions les noms évocateurs de Croisette, Concorde, Caddy, Palm Beach ou Le Dandy. Outre leur forme particulière et leur pare-brise plus bas, ces voitures disposent d'une finition plus soignée que la DS de série, à base de baguettes et joncs chromés, d'enjoliveurs plus riches, de plaques de bas de caisse alors que l'intérieur reçoit des sièges Pullman en cuir Connolly. 
A l'époque, les versions Chapron coûtaient plus du double d'une DS normale. Après avoir été exposée au Salon de Paris d'octobre 1965, ce coupé Chapron DS 21 Le Dandy a été cédé pour la somme de 23 000 francs à la "société Bergère de Lorraine", par l'intermédiaire des Grands Garages Nancy Thermal comme véhicule de démonstration. Selon les éléments provenant des archives Chapron qui accompagne la voiture, il semble que la voiture ait été commandée initialement en juillet 1965 par le Garage Ardon de Reims qui n'a pas pris livraison de l'auto après le salon. En 1970, il était acheté par un M. Henri Boucher, d'Issy-les-Moulineaux, qui l'immatriculait 8552 AW 92 et le conservait dix ans.
Le 15 février 1980, la voiture était vendue à M. Rob Stam, un avocat d'affaires hollandais et c'est auprès de lui que l'actuel propriétaire en a fait l'acquisition, en 1982. Cette voiture n'a jamais été restaurée et n'a parcouru qu'un kilométrage limité de 27 840 km, si bien qu'elle se présente aujourd'hui dans un état d'origine émouvant et exceptionnel. Jamais restaurée, la peinture bleu nuit d'origine (Blue sera) est impeccable ainsi que le pavillon blanc. L'habitacle est habillé d'une sellerie en "cuir anglais" beige de très belle facture, avec des sièges dont la patine révèle une utilisation respectueuse. 
La voiture est équipée d'un désirable tableau de bord Jaeger dont les multiples compteurs, qui incluent un manomètre de pression d'huile, apportent une touche sportive à ce confortable coupé. Avec son pare-brise bas (on raconte qu'obtenir la bonne coupe impliquait la casse de plusieurs pare-brise), ce coupé a belle allure et sa finition de grand luxe lui confère la distinction qui revient à une voiture de carrossier. 
De plus, il semble que nous soyons en présence du premier exemplaire de Dandy dans sa version DS 21, plus puissante que la DS 19, mais avant l'apparition des nouveaux phares, plus modernes mais moins élégants. La production des coupés Le Dandy est inférieure à 50 exemplaires, de 1960 à 1968. Cette voiture est sans aucun doute l'un des plus beaux coupés Le Dandy existant. Les collectionneurs sauront en apprécier l'intérêt et la rareté.
Source : auction.fr/-SUPERCARCLASSICS