Il est le créateur du pastis Ricard. Son entreprise est actuellement intégrée dans le groupe Pernod Ricard.
Le 16 mars 1915, sous la pression des ligues de vertu et viticole, l'absinthe est interdite au prétexte qu'elle rend « fou et criminel ». Les consommateurs se contentent alors de liqueurs anisées à 40° dont le taux de sucre et d’essence est trop bas pour une saveur satisfaisante : La Cressonnée, la Tommysette, l'Amourette, Berger et le déjà célèbre Pernod, dont les ventes sont autorisées depuis 1922. Les alcools traditionnels provençaux à base d'anis et d'autres plantes aromatiques (réglisse, fenouil) portent le nom de pastis, mot provençal signifiant "mélange" et encore utilisé en provençal sous cette acception
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Paul Ricard est issu d'une famille de boulangers et de négociants en vins. Il veut être peintre et, parallèlement à sa scolarité au lycée Thiers3,4, souhaite entrer à l'École supérieure des beaux-arts de Marseille mais son père, marchand de vins, refuse. Aussi aide-t-il son père en le suivant dans ses tournées après le lycée. À 12 ans, il rencontre monsieur Espanet, ancien coiffeur devenu bouilleur de cru qui lui confie le secret de sa recette de pastis à 60°5. À l'âge de 17 ans, il quitte le lycée Thiers6. Il tente avec son frère Pierre de fabriquer son propre pastis et en faire le plus apprécié des consommateurs.
Dans un petit laboratoire de fortune qu'il a aménagé chez lui avec un alambic, il consacre son temps à faire des mélanges, à tester les arômes comme la réglisse et des plantes provençales. Il élabore finalement une recette incluant un mélange d'anis étoilé et d'anis vert teinté d'une pointe de réglisse. À la suite de cela, il distribue et fait tester cet alcool — pourtant interdit — dans les cafés de son quartier Sainte-Marthe, ce qui lui occasionne des problèmes avec les autorités de police et de douane.
Parallèlement à son entreprise, Paul Ricard a été mécène, et s’est engagé dans de nombreuses aventures.
En sport, Paul Ricard, qui possédait près de Signes — village dans l’arrière-pays varois dont il fut le maire — un vaste domaine de mille hectares, fait construire à côté d’un aérodrome le circuit du Castellet, qui va très vite devenir une référence des sports mécaniques : la F1 de 1971 à 1990 puis de 2018 à 2022), les Grands Prix moto et le Bol d’Or. Le circuit a été racheté en 1999 par Bernie Ecclestone, le patron de la F1, qui en a fait un circuit de tests ultra moderne, mais sans spectateurs ni compétitions. Le Grand Prix de France de Formule 1 se dispute à nouveau au Castellet depuis 2018.
Plus tôt, en 1946, il avait lancé un club de rugby à XIII, "Marseille XIII" qui portait ses couleurs bleu et jaune et qui connut ses heures de gloire, comme l'attestent ses nombreux titres nationaux (Championnat de France en 1949, Coupe de France en 1948, 1949, 1957, 1965 et 1971), et qui comptait alors dans son effectif quelques-uns des meilleurs joueurs de l'époque à l'image de Jean Dop, Élie Brousse, François Rinaldi, Jacques Merquey, Jean Pambrun, André Béraud et Maurice André.
Via la « fondation océanographique Ricard », Paul Ricard a financé un « Observatoire de la Mer » en Méditerranée pour le docteur Alain Bombard. Toujours dans le domaine marin, Paul Ricard est le mécène du navigateur Alain Colas en 1973 puis il soutint Éric Tabarly en 1978 pour la conception de l'Hydrofoil, l'ancêtre de l'Hydroptère : amoureux de la mer et propriétaire d’un bateau de croisière, le Garlaban, du nom de la montagne de son enfance, Paul Ricard fit parler la passion.
Dans sa ville natale, Marseille, il est l'instigateur, avec l'appui du directeur du quotidien La Marseillaise, Michel Montana et de son directeur national des ventes de l'époque, Charles Pasqua, du Mondial la Marseillaise à pétanque 10, festival de pétanque, dont la première édition eut lieu en 1961.
La loi Barzach en 1987, interdisant le sponsoring sportif pour les marques d’alcool, condamna le groupe à se retirer de ce domaine, il se concentra sur le mécénat artistique11.
Dans les arts et la culture, Paul Ricard mit en place dans les années 1960 la fondation Paul-Ricard qui avait pour objectif de révéler et de promouvoir de jeunes talents de la littérature, de la peinture et bien d’autres.
Il était passionné par la peinture et fit l’acquisition de la Pêche au thon de Salvador Dalí. La marque a toujours continué cette politique, même après le départ du patron, avec la création en 1988 de la Ricard SA Live Music qui organise des concerts, dont certains gratuits, avec des stars nationales et internationales, ainsi que la fondation d'entreprise Ricard dédiée a la promotion de l'art contemporain.
Paul Ricard s’investit aussi dans la tauromachie, avec les clubs taurins qui aujourd’hui encore participent activement à l’organisation de manifestations et de fêtes autour de cette tradition.
L'Union des clubs taurins Paul Ricard lui a survécu, elle compte plus de 15 000 membres.
Très impliqué dans la tauromachie, il construit, sur le domaine de Méjanes à Arles, les arènes de Méjanes en juillet 1955. Ces arènes sont devenues un des hauts lieux de la corrida de rejón où se produisent actuellement les plus grands rejoneadors. On y décerne chaque année le prix du rejón d'or.
Paul Ricard a créé sur l’île des Embiez — qu'il a achetée en 1958 — l’institut océanographique Paul Ricard, toujours en activité, qui mit en œuvre de nombreux programmes de recherche sur la biodiversité et la protection de l’environnement.
Un aquarium, un musée et de nombreuses journées découvertes pour les écoliers complètent cet ambitieux projet auquel a collaboré Alain Bombard.
Outre l'île des Embiez, au large de Six-Fours-les-Plages, qui est un haut lieu touristique de la Côte d’Azur, Paul Ricard a acquis également l’île de Bendor au large de Bandol. Il était très concerné par la protection de la mer et de la nature. Paul Ricard repose aujourd’hui sur une pointe des Embiez, face au grand large.
Source : WKPDIA/CC-BY-SA-3.0









