La récupération des icônes contestataires par les grandes marques?
Rien de nouveau. Pourtant, certains se sont émus de l’apparition de Bob Dylan dans le spot publicitaire de Chrysler diffusé lors du Super Bowl. Quand va t-on enfin digérer que la pub digère les artistes?
Après avoir mis en scène Eminem au cœur de Détroit pour raviver le mythe de l’Amérique industrielle, le constructeur automobile Chrysler, a dégoté le Graal des icônes cool pour asseoir ses valeurs.
Dimanche dernier, lors de la finale du Super Bowl, Bob Dylan est apparu sur les écrans, guitare en main, dans un spot publicitaire 100% nationalisme économique, à base de Route 66, d’ouvriers rétro et de bon bougres qui boivent du café dans des diners. « Detroit made cars, and cars made America »…
« C’est un message publicitaire, ok, mais aussi un message patriotique qui passe bien, même s’il est gorgé de bons sentiments. Dylan a toujours milité pour les droits civiques, poursuit-il. S’afficher aujourd’hui aux côtés d’une marque qui a fait la grandeur de l’Amérique, une marque capable de recréer de la fierté, de la croissance, de combattre le chômage, de redonner du courage face à la crise, ça n’a pas grand chose de paradoxal. »
La récupération des icônes contestataires par les grandes marques? Rien de nouveau. Pourtant, certains se sont émus de l’apparition de Bob Dylan dans le spot publicitaire de Chrysler diffusé lors du Super Bowl. Quand va t-on enfin digérer que la pub digère les artistes?
Après avoir mis en scène Eminem au coeur de Détroit pour raviver le mythe de l’Amérique industrielle (pub diffusée lors du Super Bowl 2011), le constructeur automobile Chrysler, fraîchement racheté par la marque italienne Fiat, a dégoté le Graal des icônes cool pour asseoir ses valeurs. Dimanche dernier, lors de la finale du Super Bowl, Bob Dylan est apparu sur les écrans, guitare en main, dans un spot publicitaire 100% nationalisme économique, à base de Route 66, d’ouvriers rétro et de bon bougres qui boivent du café dans des diners.
« Aux Etats-Unis, ils ont adoré », assure Alexandre Sap, co-fondateur de l’agence Forward installée entre Paris et New-York et auteur de l’ouvrage Du rock et des marques.
« C’est un message publicitaire, ok, mais aussi un message patriotique qui passe bien, même s’il est gorgé de bons sentiments. Dylan a toujours milité pour les droits civiques, poursuit-il. S’afficher aujourd’hui aux côtés d’une marque qui a fait la grandeur de l’Amérique, une marque capable de recréer de la fierté, de la croissance, de combattre le chômage, de redonner du courage face à la crise, ça n’a pas grand chose de paradoxal. »
Pourtant, cette alliance entre le fleuron de la contestation et un des symboles du capitalisme américain a fait frémir dans quelques chaumières. « Lui aussi, ils l’ont eu… » semblaient crier en chœur quelques « twittos », héritiers déboussolés d’une contre culture qui, pourtant, n’a pas fini de vendre ses charmes.
C’est ainsi, l’anticonformisme d’hier est devenue la valeur chouchou des publicitaires. Et si quelques fans n’arrivent toujours pas à s’y faire, les icônes rebelles d’hier, elles, ont parfaitement intégré le principe du « win-win » (je te vends le folklore contre-culturel en échange d’un coquet pactole et d’une visibilité). Bob Dylan n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai : rechignant jadis à endosser son statut de légende vivante, il s’est incrusté dans une pub pour Victoria Secret’s. Soit quelques années après la collaboration entre Lou Reed et Honda et quelques unes avant celle entre Keith Richard et Louis Vuitton ou Iggy Pop et… la quasi-totalité des marques françaises (Le Bon Coin, SFR, Vente Privée, etc.).
Source : lesinrocks.com/





