mardi 30 mai 2017

CLUB5A - IMAGES D'ARCHIVES - l'AUTOMOBILE EN FRANCE...C’ÉTAIT EN 1934...

Rappelons tout d’abord que, dans les années 30, la guerre n’est pas sans effets sur l’industrie automobile : tous les pays producteurs, y compris la France, sont affectés. 

La production est ralentie, et plusieurs marques disparaissent : Au cours des années 1930, la crise frappe durement l’automobile française. Qu’on en juge : premiers touchés, les artisans ont été ruinés par la fermeture des marchés étrangers avant d’être confrontés à leurs propres difficultés. Peugeot a été victime de la faillite de la banque Oustric en 1930 et ébranlé avant même que la crise ne s’installe en France. Enfin, Citroën a déposé son bilan en 1934. Il ne reste que Renault qui semble sauvé une fois encore par la diversification et l’intégration.

  

En fait, si Renault devient le premier constructeur automobile français en 1934, c’est plus par l’effondrement de Citroën que par ses propres performances. Renault résiste en faisant le dos rond. Mais la crise est si longue qu’elle parvient à le rattraper puisqu’il affiche près de 12 millions de déficits sur les exercices 1936 et 1937, perdant pied sur le marché des voitures particulières. 

Personne n’est donc épargné, obligeant la profession à réagir. Elle le fait toutefois en ordre dispersé, compte tenu des décalages dans le temps, des motivations et surtout de la désunion générale d’une activité qui ne parvient pas à s’entendre. On est loin des espoirs du président de la Chambre syndicale de l’Automobile qui rêve en 1936 de la création d’un « consortium [français] analogue à la General Motors ou à l’Auto-Union allemande1 ». Loin également des propositions du Conseil économique et social qui, à travers le rapport Schwartz, suggère le regroupement des centres techniques, la création d’un bureau commun de statistiques et plus encore la mise en place d’ententes pour réduire le nombre des modèles en fabrication et spécialiser les entreprises dans des productions spécifiques.

 Autant d’idées qui restent lettre morte, laissant chacun suivre sa propre voie. Mais si la crise devient une occasion pour quelques-uns de s’adapter, elle est aussi le moyen pour d’autres de rebondir en s’engageant dans une restructuration si profonde qu’elle peut constituer la nouvelle donne de l’automobile française. 



Source : Giacomo ROWLAND/Reportage de 1934, de PATHE 
( Jean LOUBIGNAC) sur l'industrie en France, notamment l'AUTOMOBILE en FRANCE : RENAULT / guichetdusavoir.org