mercredi 1 mars 2017

CLUB5A - REVUE DE PRESSE - Ventes parisiennes, pour près de 80 millions d'euros de voitures de collection

Durant la semaine de Rétromobile, les trois maisons de ventes d'automobiles de collection ont réalisé un chiffre d'affaires cumulé de près de 80 millions d'euros. Grand-papa hoche la tête en découvrant les résultats des ventes publiques organisées durant la semaine de Rétromobile. 
«Il s'est vendu pour 500 briques de carrosserie? 
Vous plaisantez, j'espère?

» Un demi-milliard d'anciens francs. Il y a de quoi faire des bonds et pour certains, qui se sont séparés de leurs belles d'antan au plus fort de la crise des années 1990, s'arracher les cheveux, quand ce n'est pas se taper la tête contre les murs. La ritournelle est connue: «Si on avait su...» 
Cinq cents briques ou plutôt 80 millions d'euros, c'est le produit des trois ventes publiques d'automobiles de collection qui se sont tenues en l'espace de trois jours, durant la semaine de Rétromobile. En valeur absolue, ces chiffres ont de quoi impressionner. Ramenés à la situation du marché, les résultats traduisent une légère accalmie, voire une pause. 
Dans le détail, on remarque que de nombreuses automobiles d'avant-guerre sont restées sur le carreau, les acheteurs actuels privilégiant plutôt les voitures des années 1950-1960 et les youngtimers. Question palmarès, c'est une nouvelle fois la maison de ventes parisienne Artcurial qui monte sur la plus haute marche du podium. 

Certes, elle n'a pas pu rééditer le résultat de l'an dernier, cela n'arrive pas tous les jours de disperser une automobile à près de 30 millions d'euros (sans les frais), mais le trio Poulain-Lamoure-Novikoff a toutefois réussi à vendre pour 35,53 millions d'euros de véhicules. 
Vendue par le musée des 24 Heures du Mans, la fameuse Dino Berlinetta Speciale réalisée par Pininfarina pour le salon de Paris 1965 a largement participé à ce résultat. Cédée 4 390 400 euros avec les frais, le prototype italien détient le titre de l'enchère la plus élevée de la semaine. C'est un autre chef-d'œuvre, aussi italien, l'Alfa Romeo Tipo B P3 qui monte sur la deuxième marche du podium. 

La maison anglo-saxonne RM Sotheby's a vendu 3 920 000 € ce monument des grands prix d'avant-guerre piloté successivement par Nuvolari et Varzi. L'Italie truste le pied du podium avec la Ferrari 166 Spyder Corsa par Scaglietti de 1948 adjugée 2 960 400 € par Artcurial. Elle devance un autre lot du catalogue de la maison des Champs-Élysées: une Lamborghini Miura SV. Vendue neuve en France et attestant de seulement 42 580 km au compteur, cette berlinette qui n'a connu que quatre propriétaires a rejoint le garage d'un nouvel amateur contre un chèque de 2 338 400 euros. Cette enchère élevée est justifiée par le fait qu'il s'agit de l'une des 19 Miura SV à être équipée du carter sec séparé et de l'air conditionné. 

Il faut attendre la cinquième position pour traverser les Alpes et rejoindre la France, tout en restant chez Artcurial. Le marteau de Me Hervé Poulain n'a pas flanché pour adjuger 2 331 200 € la Bugatti 57 Atalante découvrable maison parisienne provenant de la collection de Martine et Hervé Ogliastro. Par contre, la Delahaye 135 Figoni & Falashi n'a pas été vendue. Elle a certainement payé le fait qu'elle était sortie de l'usine avec une carrosserie fermée de coupé et que la carrosserie cabriolet a été réalisée par la suite. C'est à la septième place que l'on trouve l'enchère la plus élevée de la maison Bonhams. Sous la nef du Grand Palais où se déroulait sa vente, l'Aston Martin Ulster engagée par l'usine aux 24 Heures du Mans 1935 a atteint 2 012 500 euros. Malgré un catalogue conséquent, la maison londonienne réalise le plus petit chiffre d'affaires des trois maisons: 15,238 millions d'euros. 

Des résultats des trois ventes, il ressort qu'une surprime est toujours attribuée aux voitures possédant un pedigree exceptionnel. C'est ainsi que des trois Renault R5 Turbo compétition proposées, le modèle le plus bagarré est le lot 95 d'Artcurial. Et pour cause. Il s'agissait de la Groupe 4 usine au volant de laquelle Jean Ragnotti a couru le rallye Bandama 1982 et que Renault lui a offert en 1995 à l'occasion de ses 50 ans. Un amateur éclairé n'a pas hésité à débourser 321 840 € pour acquérir une pièce de l'histoire de Renault en compétition. À comparer avec les 257 600 € déboursés pour l'une des 20 Groupe B proposées par RM Sotheby's. 

La présentation de la Groupe 4 par le jovial Jeannot a sans doute contribué à enflammer la salle. La semaine de Rétromobile aura surtout mis en évidence le fait que les Porsche 911 modernes produites en petite série restent à des niveaux stratosphériques. Le soufflé ne s'est toujours pas dégonflé et on se pince lorsque l'on découvre les montants atteints par certains modèles récents. Chez RM, la collection de Porsche provenant de Suisse a atteint des sommets. La 911 Turbo S 3.6 (génération 964) a été adjugée 901 600 €. Ce modèle totalisant 23 000 km depuis sa sortie d'usine est l'une des 17 équipées de l'option Package intégrant un nez conventionnel, un radiateur d'huile auxiliaire et le flat-six turbo poussé à 385 chevaux. 

Parmi les autres enchères élevées de cette collection, on notera les 392 000 € pour une 911 GT3 RS de 2004. Il faut dire que ce modèle n'avait parcouru que 196 km depuis sa sortie d'usine. Reste qu'acheter une voiture n'ayant quasiment jamais roulé n'est pas forcément un bon calcul. Un véhicule qui ne roule jamais s'abîme beaucoup plus qu'un véhicule qui sert. Les lubrifiants ne circulent pas; les joints sèchent. L'inactivité est la mère de bien des déboires. Un contre-exemple toutefois: la dernière voiture de la collection Baillon à vendre, une Delahaye 235 coach Chapron à l'état d'épave, s'est vendu quatre fois son estimation basse, soit 83 440 €. Décidément, l'histoire Baillon continue de faire rêver....
lefigaro.fr//Caradisiac
/Merci DAVID SARDApour le suivi de l'info
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