lundi 15 décembre 2014

CLUB5A - REPORTAGE AUTO - SIMCA ET LE SPORT AUTOMOBILE !!




 De Fiat à Simca... Dès 1932, sous la direction d’Henri Théodore PIGOZZI, des FIAT sont importées en pièces détachées d’Italie et montées en France (pour échapper à certaines contraintes douanières) FIAT 6 CV BALILLA et FIAT 11 cv ARDITA. En 1934 le même PIGOZZI rachète les usines de la société des Automobiles DONNET à Nanterre, qui vient de faire faillite et créé la Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Automobile le 2 novembre 1934. 
 SIMCA est dès lors une société 100 % française qui fabrique des FIAT sous licence. 

 De FIAT 
dès 1935 les calandres arborent le nom SIMCA FIAT, en 1936 SIMCA licence FIAT puis SIMCA tout simplement. 
 En 1936 présentation de la SIMCA 5 alias FIAT 500 ou TOPOLINO. 
 Au salon de Paris, octobre 1937, la SIMCA 8 (présentée quelques semaines plus tôt au Salon de Turin par FIAT sous le nom de 508 C Nuova BALLILA) partage la vedette avec la RENAULT Juvaquatre. La SIMCA 8 est une des voitures les plus modernes à cette époque avec un brillant moteur à culasse en aluminium, circuit électrique 12 volts, freinage hydraulique, perfectionnements, que d’autres voitures n’auront qu’au milieu des années soixante ou même plus tard ! Le prix est relativement élevé, plus cher qu’une CITROEN Traction ou qu’une RENAULT Primaquatre. 

 Seuls 318 exemplaires sont construits en 1937 et le vrai démarrage date de 1938. La SIMCA 8 fête donc cette année son soixante dixième anniversaire ! 
La SIMCA 8 est dans la course... Dès avant guerre le moteur SIMCA/FIAT 1100 très moderne pour l’époque inspire les préparateurs français et italiens qui proposent des pièces spéciales aux clients sportifs.
 En France, DEHO (dont les pièces équiperont les premières SIMCA GORDINI au Mans en 1938) propose des culasses spéciales, vilebrequins équilibrés, collecteurs d’admission et d’échappement revus avec un ou deux carburateurs, un gros carter d’huile en alu aileté de 6 litres, un allumage par magneto etc…

 Ces pièces feront passer rapidement la puissance à 45 cv puis plus de 60 cv avant la guerre, voire plus ! DEHO proposera même des culasses à double arbre à cames en tête, bientôt imité par Amédée GORDINI. 
 Enfin, certains préfèreront améliorer les performances par l’ajout d’un compresseur. Vittorio CAMERANO, FIAT et SIMCA Amédée GORDINI, surnommé « le sorcier » est le plus connu des préparateurs français. 

 Ce que la plupart des historiens de l’automobile passent sous silence c’est que GORDINI, arrivé en France en 1926, a fait des débuts dans l’automobile auprès d’un autre immigré italien, Vittorio CAMERANO, qui avait ouvert un atelier spécialisé dans la réparation de voitures américaines à Paris à la fin du premier conflit mondial. La crise du début des années trente l’a fait se rediriger vers les voitures de son pays natal, et il s’associe avec Amédée GORDINI pour représenter la marque FIAT à Paris. 
 Les deux associés passionnés de mécanique ont décidé de préparer ensemble, en 1935, un premier moteur FIAT de 995 cm3, qui sera monté dans une carrosserie spider profilée et faisant appel à l’aluminium. 

 Cette « CAMERANO spéciale » a fait ses débuts au Grand Prix de l’Automobile Club de France en 1935 basée sur un châssis de berline FIAT DE 1932 ! 
 En fin 1937 avec l’apparition du nouveau moteur 1100 cm3 FIAT BALILLA/SIMCA 8, la motorisation change, et le journaliste spécialisé Jacques POTHERAT fait une description précise indiquant la présence de bielles alu, vilebrequin spécial, pipes d’admission et d’échappement « maison », grand carter d’huile et cylindrée portée à la limite du règlement en 1097 cm3. CAMERANO et GORDINI ont sans doute bénéficié des conseils d’Henri LOUVEAU, pilote d’essai et metteur au point chez DELAGE, et qui a partagé le volant de la SIMCA 8 au Mans en 1939 avec Vittorio CAMERANO. 

 Henri LOUVEAU a aussi terminé deuxième sur DELAGE aux 24 Heures du Mans 1949 (derrière la FERRARI victorieuse !) et septième sur DELAGE en 1950 et a également piloté en Grand Prix, de même que le spider spécial CAMERANO à plusieurs reprises, et, dès après-guerre, aux Courses de la Libération. Par la suite Amédéo et Vittorio se séparèrent et devinrent même rivaux. 

 La FIAT CAMERANO spéciale 1937 existe toujours de nos jours et fait le bonheur d’un couple de passionnés de Montargis. Le moteur préparé à l’origine par CAMERANO et GORDINI puis revu entièrement par Vittorio CAMERANO assisté de son fils René, a eu une longévité extraordinaire et peut être unique pour un même moteur de compétition. 

Ce même moteur a donc participé entre autres courses au Bol d’Or 1938/1939 ainsi qu’au Mans 1938/1939 avec Vittorio et au Bol d’Or en 1947/1948 et 1949, et terminera finalement sa carrière engagé par Viviane HELDER associée à René CAMERANO EN 1949 POUR LA 1ère édition d’après guerre des 24 Heures du Mans. Le moteur fut installé dans une barquette (GORDINI !) d’avant guerre et pour la dernière de ses trois participations aux 24 Heures du Mans abandonna pour la 1ère fois, par casse de vilebrequin à la 12ème heure.


Mais revenons aux éditions 1938 et 1939. En 1938 Victor CAMERANO eu l’idée de transplanter le nouveau moteur 1100 cm3 du spider spécial dans une humble berline SIMCA 8 de 1938. Peu impressionnée par les 41 bolides qui l’entouraient au départ ; ADLER, ALFA ROMEO, ASTON MARTIN, DELAGE, DELAHAYE, MG, MORGAN, RILEY, SINGER, PEUGEOT DARL’MAT et autres 9 SIMCA, l’humble berline termina 11ème au classement général devant ses concurrentes MG et MORGAN. 

 A noter qu’aucune des trois SIMCA/GORDINI 1000 à 1100 cm3 de l’ex-complice et associé devenu concurrent n’ont franchi la ligne d’arrivée ! 
 C’est en l’honneur du soixante dixième anniversaire de cet évènement que notre Cendrillon a décidé de redonner la vie à la Citrouille devenu bolide ! Pour conclure, encouragé par ce succès, Vittorio CAMERANO a remonté ce même moteur en 1939 dans une autre SIMCA 8 berline avec de nombreuses améliorations dont des roues fils Rudge à écrou central pour améliorer le refroidissement des freins et faciliter le changement de roue. Assisté du futur pilote de Grand Prix Henri LOUVEAU, sur 48 voitures au départ dont 6 dérivées de SIMCA 8 et deux de SIMCA , la petite berline est arrivée cette fois 17ème à 92,177 Km/h de moyenne contre 93,717 l’année précédente.


SOURCE TEXTE / simca-le-mans.com