samedi 20 décembre 2014

CLUB5A - MOTO DE LEGENDE - LA YAMAHA 650 XS...UN PHÉNOMÈNE !!



XS ... XXL ! Présentée en France dès 1970, la 650 XS est tout d’abord la première machine quatre-temps fabriquée par Yamaha et c’est aussi sa plus grosse cylindrée du moment. 
En effet, à l’époque où l’on commençait à parler de normes anti-pollution, notamment sur le marché américain qui représentait déjà à lui seul la part la plus importante du gâteau mondial de la moto, les dirigeants de la firme aux trois diapasons songèrent alors à étoffer leur gamme. 

Contrairement aux deux autres constructeurs japonais Suzuki et Kawasaki, qui ont tout d’abord développé des modèles allant jusqu’à 750 de cylindrée avant de passer aux soupapes, Yamaha, dont le plus fort cubage n’excédait pas 350, fit cohabiter grosses cylindrées à chaîne de distribution et plus petites à moteur à lumières. 

Il s’agissait à l’époque de l’unique gamme routière mixte 2T/4T chez les constructeurs japonais… 

 Découverte 
La 650 XS possède une élégance rare pour une grosse cylindrée de l’époque. Elle évoque la finesse, grâce à son réservoir étroit et la rigueur, due au moteur parfaitement vertical. 
Une pièce superbe. 
Son design emprunte indéniablement beaucoup à l’élégance « so British » du Triumph Bonneville, dont il reprend l’aspect. 
Il fut conçu avec le bureau d’étude Toyota, qui fera bénéficier Yamaha de toute son expérience des moteurs quatre-temps et notamment de celle acquise lors du développement de la Toyota GT2000 à 6 cylindres. 
En ville 
Sur les premières versions (XS-1, XS-1B, XS-2 mais aussi les premières 447), la sonorité rauque s’écoulant des deux silencieux (pas tant que ça d'ailleurs... mais à l'époque, même la maréchaussée était mélomane), est un vrai régal et accompagne superbement les poussées vigoureuses ou les rétrogradages au gré des circonvolutions. 

De quoi faire oublier les vibrations bien présentes. 
Une 650 ne manque pas d’agilité et affronte la corvée des embouteillages le sourire au bout des cylindres. Sur route Une fois retirés l’élégant réservoir et les deux caches latéraux agrémentés de leurs ornements chromés recouvrant le cadre, nous découvrons le talon d’Achille de la bête. Celui qui, le premier, tripota de ses gros doigts de pilote l’intimité de la belle, se nomme Percy Tait, champion/technicien, auquel Yamaha confia la mission de rendre à la danseuse XS, une « balistique routière » et des trajectoires plus contrôlées en conditions extrêmes. 
Ce fut fait et bien fait. A partir du premier modèle 447, la 650 XS ne souffrira plus de cette tenue de route un tant soit peu « ondulante » sur mauvais revêtement. Une fois le cadre équipé de renforts et d’éléments de section supérieure, ainsi que d’une entretoise rigidifiant le double berceau à l’avant du moteur, le comportement routier de la 650 Yamaha rentrera dans le rang des « cadres supérieurs » ! 

 Sur autoroute 
Une fois encore, dès le modèle 447, la 650 montre une belle rigueur de comportement. Hormis les gazouillis dans les doigts provoqués par d’intenses vibrations, la Yamaha avale l’asphalte filant bon train. Naturellement, l’absence de protection nuit gravement au port de tête du pilote, dont le casque est bien balloté passés les 140 km/h. Toutefois, sauf obligation, l’autoroute n’est pas son terrain de jeux préféré… En duo 
Surprise, quel que soit le millésime, une 650 XS se chevauche à deux avec plaisir. Les premiers modèles disposaient même d’un arceau de maintien. Dans tous les cas, selle large et confortable… 
 Freinage 
On se régale vraiment sur les petites routes sinueuses et sur l’ensemble du réseau secondaire avec ces motos. Que du bonheur entre chaque virage. Par contre, à ce petit jeu, la XS-2 tiendra vite la dragée haute à ses deux sœurs à tambour dans certains enchaînements nécessitant un freinage musclé et endurant. Le disque qui l’équipe assure plutôt honorablement, alors que le tambour avant des versions XS-1 et XS-1B sera plus… « fumant » dans certains cas extrêmes… 

 Consommation 
Quelle que soit la cuvée, une 650 XS consomme peu. 7l/100 en tirant dessus comme un goujat, moins de six litres en pilotant raisonnablement… 
 L’entretien 
Si la moto a été restaurée à 100%, pas de problème. La 650 XS est une moto fiable, qu’il convient juste de chouchouter comme toute vieille dame de retour aux affaires après lifting. Elle appréciera d’être chauffée, pas trop chahutée et contrôlée de la vessie tous les 1000 kilomètres. 
 Chronologie 
1970, modèle XS1. La préférée des collectionneurs avec ses soufflets de fourche et frein à tambour… 
1971, XS1 B. Fourche modifiée, disparition des soufflets… 1972, XS2 (dite aussi Europa). Apparition du frein à disque à l’avant, nouveaux amortisseurs… 
1975, 447. Cadre rigidifié, double disques à l’avant, gros silencieux d’échappement (introuvables aujourd’hui !), jantes alu profil H… 
1975, 447 modifiée. Nouveaux silencieux d’échappement, étriers placés derrière la fourche, elle-même retouchée. Chasse remaniée… 
1976, modèle H1. Nouvelle décoration, nouveau tableau de bord… 

1978, SE Spécial. Positionnement custom. Côté cote Méfiance, les prix montent à une vitesse galopante. 
L’engouement récent pour la XS 650 entraîne sa cote vers des sommets. Une XS1, restaurée 100% état concours peut se négocier autour de 8000 euros. 
Compter mille de moins pour une XS1B. Les 447 remises à neuf s’échangent à plus ou moins 6000.
Les modèles H1 à partir de 76 approchent des 4500 euros. Il est toutefois possible de dénicher une XS « dans son jus », à partir de 2000 euros… 
 En cas d’achat Apparue en 1970 et retirée du marché treize années plus tard, trouver une 650 XS n’est pas très compliqué. Toutefois, les premiers modèles XS1 et XS1B (1970-1971), demeurent les plus recherchés. Selon l’usage que l’on souhaite en faire (moto de salon, moto pour rouler occasionnellement ou moto à utiliser tous les jours), il convient de se souvenir que les versions antérieures à la 447 de 1975 vibrent beaucoup et ont une tenue de route plutôt médiocre. Conclusion A partir du modèle 447 deuxième mouture et des versions suivantes, dont le réservoir s’est arrondi pour gagner en autonomie, la XS est un peu plus cossue, mais n’en demeure pas moins élégante pour autant. 

Sa beauté est désormais considérée « classique » par rapport à la concurrence qui prépare le passage aux années 80, abandonnant souvent le chrome au profit du plastique. Peu importe, la réputation de robustesse et de fiabilité de la 650 XS n’est plus à faire et imperméable aux modes, elle conservera ses fidèles amateurs jusqu'à la fin de sa carrière, même maquillée en chopper (Special SE en 78 ou 3L1 l’année suivante). 
Elle perdurera en France jusqu’en 1983. Cette abondance de production est rassurante. Dénicher une XS c’est facile et en plaisirs, ça peut rapporter gros !

Source : Miclel Bidault Youngtimers Moto / lerepairedesmotards.com / Source vidéo : MOTOR LIVE