mardi 5 août 2014

CLUB5A - REVUE DE PRESSE MOTO - JOÃO SILVA.......LA PASSION INTACTE !!


Dans l’atelier de son cottage de Gallo Manor, au nord de Johannesburg, João Silva s’apprête à faire un tour en Harley. L’engin a spécialement été adapté pour qu’il puisse le piloter avec ses prothèses.

En 2010, il sautait sur une mine en Afghanistan et a subi 80 opérations. le photographe sud-africain est un survivant. Visa pour l'image lui rend hommage. Lorsqu’il a entendu le « clic » du dispositif d’amorçage, João Silva a compris. L’instant d’après, il gisait dans la poussière de ce village afghan en ruine, enveloppé par un nuage noir soulevé par la mine que son pied avait actionnée. Son pied avait disparu. Ses deux jambes -réduites en charpie. « Je n’étais pas surpris. Ce moment, je l’attendais presque. Mon tour était venu. J’avais vu Ken se faire tuer à mes côtés, Greg être touché à trois reprises, Kevin mettre fin à ses jours… C’était à moi de payer maintenant la note. Je savais que j’avais perdu mes jambes. »

Le reste ? Il faudrait du temps pour le raconter. Une jambe sectionné sous le genou, une autre au-dessus, le ventre très abimé, les... quatre-vingt neuf opérations au Walter Reed Hospital à Washington, des chirurgiens militaires rompus à recevoir les vétérans d’Irak ou d’Afghanistan qui restent bouche bée devant la force de ce miraculé, le retour à Johannesburg, les prothèses électroniques, la mécanique qui l’a coupé en deux et la technologie qui le remet debout...Aujourd’hui, Joao est plus que vivant, il vit. Au club de motards de Johannesburg où je l’ai croisé en juin dernier, il est souvent là, près du billard, une bière à la main et ses prothèses à l’air, près de la Harley-Davidson qu’il enfourche pour de longues cavalcades où il oublie ses souffrances. Il n’est plus le même et il le sait.
 Mais il continue à faire des reportages, a couvert des émeutes près de Johannesburg et a failli se faire emboutir par un rhinocéros lors d’un reportage en brousse. Qu’il a évité d’un bond : « grâce à mes prothèses, je n’ai pas perdu une miette de mobilité ! » Les autres n’ont pas oublié qu’il est avant tout un formidable photographe. 
Avant de défaillir, Joao a réussi à faire trois clichés de ce moment qui lui a pris ses deux jambes, a failli lui enlever la vie mais n’a pas réussi à lui prendre son talent et son humanité. Et, de Perpignan, le festival « Visa pour l'Image » lui a commandé une rétrospective.

 Joao Silva à Perpignan pour "Visa pour l'Image" 2013 / Source : parismatch.com